Vivre une situation, l’observer, la questionner, apprendre, puis revenir à la pratique

Formé au baby fútbol argentin avant d’évoluer au Racing Club, puis en France et en Italie, Patricio D’Amico a prolongé son parcours de joueur par un engagement d’entraîneur et de cadre technique à la Fédération française de football.

Il nous partage sa perspective de la structuration des apprentissages, du rôle des repères individuels et collectifs, et de la posture de l’éducateur. Il aborde également les thèmes de la qualité du lien, l’intelligence émotionnelle et l’observation des comportements des joueurs non porteurs du ballon.

Cette mise en scène a nourri mon regard sur le football. L’action que nous suivons ne montre qu’une partie de ce qui se construit. Ailleurs sur le terrain, des joueurs se déplacent, se rendent disponibles et préparent déjà une suite possible. J’aime penser à ces relations, puis essayer de les repérer et de les voir se construire dans le jeu.

« Je vois ces repères comme une boussole que j’ai progressivement construite. Son nord est devenu l’émancipation intellectuelle parce que je voulais comprendre mon environnement pour former mon propre jugement et agir avec davantage d’autonomie »

À chaque changement de club, il a fallu reconstruire un équilibre, pour moi mais aussi pour ma famille. Nous nous attachions à un lieu, puis il fallait faire les valises et recommencer ailleurs. « Il faut tenir » était un repère que je portais depuis l’enfance. Avec le temps, j’ai appris à y ajouter d’autres questions : qu’est-ce que je comprends de cette situation ? Qu’est-ce que je peux ajuster ? De quoi ai-je besoin pour avancer ?

Quel a été votre premier contact avec le football, et à quel moment avez-vous compris qu’il deviendrait plus qu’une passion ?

Mes racines dans le football remontent à mon enfance, en Argentine. J’ai commencé à cinq ans avec mon frère jumeau, dans les clubs de quartiers, les clubs sociaux comme on dit à Buenos Aires, avec ce football à cinq très compétitif, le « baby football ». Il n’y avait pas vraiment cette notion d’école de foot : on était tout de suite dans la compétition. Le baby football, ça se joue à cinq plus le gardien, donc six joueurs, et la dernière année, ça passe à quatre plus le gardien, avant de passer au football à onze, vers 13 ans.

Je considère que 70 à 80 % de notre formation avec mon frère a été familiale. Nous avons eu la chance d’être très bien accompagnés autour de valeurs très fortes. Mon père nous transmettait des valeurs au quotidien, comme l’engagement face à l’adversité. Mon grand-père paternel, c’était quelqu’un de très « carré », il avait reçu une formation militaire à l’adolescence, il était très porté sur la réflexion, l’intelligence, la capacité à comprendre ce qu’on faisait. Pour lui, il ne suffisait pas d’agir, il fallait toujours avoir une raison derrière l’action. 

Et puis il y avait ma mère, qui se dédiait énormément à nous et intransigeante sur l’éducation. Elle vérifiait qu’on était bien dans notre tête avant d’aller aux entraînements et insistait beaucoup sur le respect de soi, de l’autre et de son environnement. Enfin, il y avait ma grand-mère maternelle, très sensible et très attentive aux rituels et aux petites choses du quotidien. Elle nous transmettait l’optimisme, la foi et la joie de vivre, d’une manière plus intérieure. Sans oublier notre sœur, qui veillait toujours à ce que les jumeaux aillent bien !

Notre système familial, c’était comme un bunker. Au centre, il y avait le goût du travail et cette fraternité, cette protection mutuelle. Avec mon frère, nous étions deux, mais nous fonctionnions presque comme une seule personne.

Le football était très, très compétitif, mais nous, on savait se regarder et on savait toujours où était l’autre. Je pense qu’on a eu cette chance-là. Celle de grandir, jouer et vivre les matchs ensemble. Cette relation, elle nous donnait une force particulière. 

Le terrain relevait presque du sacré. Les valeurs apprises à la maison devaient se retrouver dans notre manière de jouer, à travers l’engagement, la solidarité, l’intelligence et le respect.

La famille, les valeurs, on était attendu sur ça. On attendait de nous de montrer notre intelligence. Mon père, il était très à cheval là-dessus et mon grand-père, s’il voyait que je faisais quelque chose sans réfléchir, il me disait qu’il était capable de partir du stade. C’est pour dire à quel niveau il était, lui ! Il faisait ça avec beaucoup d’humour, dans un jeu de rôle, en rajoutant des tonnes, mais au fond, il était très sérieux.

Vous avez été formé à Vélez Sarsfield puis à All Boys, avant de faire vos débuts en première division argentine au Racing Club de Avellaneda. Ce nom évoque, pour le public français, le Racing Club de France, avec des couleurs de maillot assez proches. Mais le Racing argentin possède sa propre histoire, profondément ancrée à Avellaneda et marquée par sa rivalité avec Independiente. Que représente pour vous le fait d’avoir grandi dans une culture du football aussi forte, populaire et passionnelle, puis d’avoir découvert le plus haut niveau dans un tel club ?

Nous avons commencé par le baby-football au club social Gimnasia y Esgrima de Vélez Sarsfield, avant de passer au football à onze à Vélez Sarsfield, puis de poursuivre notre formation à All Boys. Tout ce parcours s’est déroulé dans un périmètre d’environ trois kilomètres. C’était vraiment notre environnement, nos quartiers, notre quotidien. J’ai joué mon premier match professionnel à dix-sept ans avec All Boys, le club du quartier de Floresta, en deuxième division argentine. J’ai ensuite rejoint le Racing Club de Avellaneda, où j’ai fait mes débuts en première division.

Vers dix-sept, dix-huit ans, j’ai aussi décidé d’entreprendre des études de droit. Pendant environ cinq ans, jusqu’à vingt-deux ou vingt-trois ans, j’ai étudié à l’Université del Salvador tout en jouant au football professionnellement.

Mon quotidien était bien rempli : entraînement le matin avec l’équipe professionnelle, une petite sieste l’après-midi, puis les cours de droit le soir. Deux ou trois fois par semaine, je pratiquais également le yoga, assez discrètement, car ce n’était pas quelque chose que l’on évoquait facilement dans le football à cette époque.

« Pendant environ cinq ans, jusqu’à vingt-deux ou vingt-trois ans, j’ai étudié à l’Université del Salvador tout en jouant au football professionnellement. »

Avec mon frère, nous étions supporters de Vélez Sarsfield et admirions notamment Carlos Bianchi. Nous aimions cette place de supporters, et nous ne nous imaginions pas forcément devenir professionnels. Nous voyions aussi la pression qui pesait sur les joueurs, et cela nous faisait réfléchir.

Les études et le yoga m’ont beaucoup aidé à vivre cette pression. L’université structurait ma pensée et me donnait un espace en dehors du football. Le yoga m’aidait à me concentrer et à rester présent. J’étais attaquant, on attendait donc de moi que je marque, et j’avais besoin de ces appuis.

Puis est arrivé mon premier match en première division avec le Racing, à vingt et un ans, contre Independiente. La veille, j’étais encore en cours de droit procédural avec un juge qui était lui-même supporter du Racing.

Le club traversait alors une crise institutionnelle majeure, avec une très forte pression populaire. Je me souviens de ma préparation mentale avant ce match. Pour moi, il fallait être là, pleinement là, et tenir.

« Les études et le yoga m’ont beaucoup aidé à vivre cette pression. L’université structurait ma pensée et me donnait un espace en dehors du football »

Nous avons terminé la rencontre avec quatre joueurs expulsés, parmi lesquels Roberto Trotta et Carlos Mac Allister, le père d’Alexis. Il y avait de fortes personnalités dans cette équipe. En deuxième mi-temps, je commençais à avoir des crampes, mais je ne voulais pas lâcher. Malgré la défaite, mon père m’attendait pour me ramener à la maison, et nous sommes rentrés avec la fierté d’avoir tenu jusqu’au bout et d’avoir tout donné. C’était une entrée intense dans la première division argentine.

Le mardi suivant, je suis retourné à l’université. Le professeur avait prévu une interrogation surprise. Je n’avais rien préparé et, pour la première fois de ma vie, j’ai rendu une feuille blanche. Je craignais sa réaction. Il m’a regardé et m’a demandé : « Monsieur D’Amico, pourquoi n’avez-vous pas dribblé le gardien lorsque vous vous êtes retrouvé face à lui ? » Bon, je n’ai plus jamais repris cette matière !

Mes camarades voyaient bien que j’étais présent en cours, mais que mon esprit était parfois encore sur le terrain. J’ai validé vingt-deux matières, mais concilier les études avec les exigences du football professionnel, surtout en première division, devenait très difficile. Cette expérience m’a pourtant beaucoup apporté. Elle m’a appris à organiser mon travail, à réfléchir et à me concentrer, tout en gardant un espace personnel en dehors du football. Ce sont des ressources qui m’ont accompagné pendant toute ma carrière.

Vous avez découvert le football français avec le FC Metz, avant de passer notamment par Wasquehal et Châteauroux, et vous y avez ensuite construit une partie importante de votre parcours. Quel regard portiez-vous sur la France lorsque vous êtes arrivé, et quel regard portez-vous sur le pays aujourd’hui ?

Avant d’arriver en France, j’étais passé par l’Espagne, à Badajoz, où mon frère a également joué. La langue rendait l’adaptation plus facile pour nous. La première différence que j’ai ressentie entre l’Argentine et l’Europe concernait surtout la pression autour des joueurs. En Argentine, je vivais très intensément les attentes des supporters et les tensions liées aux rivalités. En Europe, j’ai découvert un rapport différent à cette pression.

À Metz, j’ai rencontré un football très structuré, avec une organisation et des exigences auxquelles je devais m’adapter. Au début, cette place accordée à la performance pouvait me sembler un peu froide. Mais j’ai aussi découvert des personnes remarquables, notamment Carlo Molinari et sa famille, dont l’attention portée aux autres m’a marqué. Joël Muller était également très en avance dans son approche de l’entraînement.

Pendant la préparation, il nous faisait prendre nos pulsations et nous apprenait à mieux comprendre la charge de travail et notre état physique. Je découvrais des repères concrets pour observer et évaluer la performance. Mon adaptation a pourtant été difficile et ma première année a été marquée par des problèmes musculaires récurrents, qui ont conduit à des examens approfondis à Strasbourg, jusqu’à une biopsie. C’était une période éprouvante.

Avec le recul, je mesure aujourd’hui combien j’avais besoin de comprendre ce nouvel environnement, ses codes, son organisation et ce que l’on attendait de moi. Ces repères étaient essentiels pour trouver ma place, m’adapter et pouvoir exprimer pleinement mes qualités. Je voulais peut-être tout comprendre trop vite, alors qu’il me fallait aussi accepter le temps de ce cheminement.

Deux ans plus tard, je marquais le but de la montée devant trente mille spectateurs. Quand je repense à ce moment, je pense aussi à tout ce qui l’avait précédé : les difficultés, les efforts et le fait de ne pas avoir lâché. Cette joie donnait un sens particulier au chemin parcouru.

« J’avais besoin de comprendre ce nouvel environnement, ses codes, son organisation et ce que l’on attendait de moi. Ces repères étaient essentiels pour trouver ma place, m’adapter et pouvoir exprimer pleinement mes qualités »

Mon premier agent m’a accompagné dans cette transition. Il venait du monde du droit et avait exercé comme notaire avant de devenir représentant de joueurs. Sa rigueur et la confiance que nous avions construite me rassuraient à ce moment important de mon parcours. J’ai toujours accordé beaucoup de valeur à l’environnement humain dans lequel j’évoluais, comme cela avait été le cas avec ma famille à mes débuts. Il m’a proposé de commencer comme entraîneur principal au Deportivo Maldonado, en deuxième division uruguayenne. Le club avait une structure particulière, organisée en société anonyme avec des investisseurs anglais. J’y assumais la responsabilité technique.

En 2004, lors de ma dernière année comme joueur en France, à Châteauroux, nous avons atteint la finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain. Je continuais alors à chercher des repères pour mieux comprendre le jeu, mon parcours et la manière de transmettre. C’est à cette période que j’ai eu l’immense chance de rencontrer Patrick Pion et son équipe, lors de ma première formation d’entraîneur.

J’ai commencé à trouver des réponses à des questions qui m’accompagnaient depuis longtemps. La formation me donnait des outils pour mieux me situer, comprendre mon environnement et agir. Je me sentais un peu comme un capitaine de bateau en pleine mer. Pour avancer, j’avais besoin de repères et d’instruments, mais aussi d’apprendre à m’en servir.

À vingt-neuf ans, encore joueur, je retrouvais ainsi une démarche que j’avais connue avec mes études de droit, c’est-à-dire jouer et étudier en parallèle. Cette fois, mes études portaient sur l’éducation sportive. C’est là qu’a commencé mon attachement profond à la formation française.

Aujourd’hui, mon regard sur la France est nourri par tout ce parcours. J’y ai vécu des difficultés, des joies et des rencontres décisives. J’y ai découvert une manière de structurer la réflexion et d’accompagner les personnes, qui fait désormais partie de moi. La France est devenue un pays de transmission, d’amitié et de construction, où j’ai pu transformer progressivement mon expérience de joueur en ressources pour les autres.

Justement, quels repères personnels vous ont aidé à comprendre votre environnement et à progresser ? Les avez-vous construits vous-même au fil de votre parcours ?

Je les ai progressivement construits à partir de mon expérience, mais aussi des repères transmis par mes formateurs. Comprendre ce que l’on attendait de moi, trouver ma place dans l’équipe, observer la justesse de mes choix et me donner le temps de progresser. Ces questions m’ont accompagné dans les différents pays où j’ai joué. En Italie, après avoir quitté Châteauroux pour rejoindre Marco Simone, j’ai de nouveau vécu une première année difficile. Je sentais qu’il me fallait du temps pour comprendre ce nouvel environnement, même si cette nécessité n’était pas toujours comprise autour de moi.

Avec mon frère Fernando, nous avons eu deux trajectoires différentes. Lui fonctionnait davantage à l’instinct, avec une grande force émotionnelle et physique. Son adaptation à Lille a été immédiate. De mon côté, j’avais davantage besoin d’analyser, de comprendre les codes et le fonctionnement du collectif avant de pouvoir exprimer pleinement mes qualités. En Italie, cette première année a été marquée par quatre entraîneurs différents et une forte pression des supporters. Puis j’ai progressivement trouvé ma place, jusqu’à gagner le championnat. Comme à Metz, j’ai vécu ce passage entre une adaptation difficile et la joie d’une réussite collective.

En 2007, encore joueur professionnel, je suis allé à Clairefontaine pour passer mon brevet d’État. Revenir en formation en France m’aidait à clarifier les questions que je me posais sur le terrain et à transformer mes expériences en repères plus précis. Jean-Yves Ogier a joué un rôle essentiel dans ce cheminement. Il a été comme un père spirituel dans ma formation d’entraîneur et est même venu me voir en Italie. Avec Patrick Pion et d’autres formateurs, j’ai rencontré des personnes très humaines, respectueuses de mon engagement, qui m’ont aidé à réfléchir et à avancer.

Avec le recul, je vois ces repères comme une boussole que j’ai progressivement construite. Son nord est devenu l’émancipation intellectuelle parce que je voulais comprendre mon environnement pour former mon propre jugement et agir avec davantage d’autonomie. La pensée complexe m’a aidé à relier les éléments, à comprendre leurs interactions et à trouver comment m’associer aux autres. La résilience m’a aidé à traverser les difficultés et à continuer d’avancer. Mais cette boussole restait incomplète. C’est à Paris que j’ai pris conscience d’une dimension que je devais encore développer : l’intelligence émotionnelle. Il me fallait apprendre à mieux reconnaître ce que je ressentais, à le réguler et à être attentif aux émotions de l’autre. Cette découverte a ouvert une nouvelle étape de ma recherche, qui allait progressivement nourrir la création de la micro-syntonie.

Après votre carrière de joueur, vous avez connu plusieurs vies dans le football : entraîneur au Deportivo Maldonado en Uruguay puis en Italie, adjoint au Paraguay, analyste vidéo et traducteur dans le staff de Jorge Sampaoli à l’Olympique de Marseille, avant de vous orienter vers la formation et les fonctions techniques au sein du football français. Comment s’est construite cette deuxième partie de votre carrière, et comment êtes-vous progressivement passé du rôle de joueur à celui de technicien, d’analyste puis aujourd’hui de cadre technique ?

Cette deuxième partie de ma carrière s’est construite progressivement, alors que j’étais encore joueur. Je continuais à me former en France, notamment à Clairefontaine, où j’ai passé mon BEF en 2010. En parallèle, j’ai également obtenu mon diplôme d’entraîneur en Argentine. J’avais besoin de préparer cette transition en reliant mon expérience du terrain à une formation.

Cette première expérience m’a permis de prendre pleinement la responsabilité d’une équipe et de confronter mes idées au terrain. Je cherchais à associer ce que j’avais reçu de la formation française, l’attention à la technique, à la qualité de réalisation et à la transmission, avec l’importance accordée au jeu dans mes expériences espagnoles.

J’ai ensuite travaillé à Madrid, puis en Italie et comme adjoint au Paraguay. Ces expériences étaient principalement centrées sur le terrain : donner des principes de jeu, construire des repères et trouver comment les transmettre aux joueurs. Pendant tout ce parcours, Jean-Yves Ogier a continué à m’accompagner, même à distance. C’est une personne extraordinaire à mes yeux, par sa manière de transmettre et d’être présent pour les autres. Depuis près de vingt ans, il m’aide à chercher les principes justes et les moyens de les rendre compréhensibles. La transmission est progressivement devenue l’une des forces que je reconnais dans mon travail.

Il me restait cependant à mieux comprendre les processus, l’organisation et ma place au sein d’un système. Mon expérience du terrain et ma capacité à transmettre devaient encore s’appuyer sur une méthodologie plus solide. Mes amis Juan Manuel Lillo et Nicolas Diez ont joué un rôle déterminant lorsqu’ils m’ont recommandé auprès du staff de Jorge Sampaoli à l’Olympique de Marseille. Leur confiance m’a profondément touchée. Juan Manuel, notamment, croyait en ma capacité à accompagner et à créer du lien entre les personnes.

J’ai signé comme adjoint technique auprès de l’équipe professionnelle. Mon accompagnement direct auprès de Sampaoli et du premier groupe a été bref, puis mon rôle s’est élargi à un travail de liaison avec Nasser Larguet, Pablo Longoria et David Friio, entre l’équipe première et le centre de formation.

J’ai également pu accompagner des entraîneurs et des joueurs dans leur travail individuel sur le terrain. Cette expérience a été très riche. Lors du dernier match des U19 avant mon départ pour Paris, les joueurs m’ont préparé une chanson. Ce souvenir reste très fort pour moi car j’y ai reçu une reconnaissance de la relation que nous avions construite.

Grâce à Pierre Sage et à Jean-Yves Ogier, je suis ensuite arrivé à Paris. Parmi les personnes qui m’ont ouvert des portes à des moments décisifs, il y a aussi Franck Thivillier. Je les appelle parfois mes « anges ». À Paris, j’ai rencontré Pierre Mbappé, devenu un ami, et je l’ai accompagné dans son projet hybride. J’ai alors ressenti le besoin de me former davantage à la conduite de projet. Je suis donc retourné à Clairefontaine pour préparer mon diplôme d’État supérieur.

Cette formation allait au-delà du contenu technique. Elle demandait de comprendre une situation, d’établir un diagnostic, de définir des objectifs, d’organiser des actions et d’en évaluer les effets. Assimiler et formaliser cette méthodologie dans une autre langue a été exigeant, mais déterminant pour la suite de mon parcours. J’apprenais aussi à mieux situer mes interventions, savoir quand prendre la parole, quand écouter et quand laisser de la place aux autres.

« Vivre une situation, l’observer, la questionner, apprendre, puis revenir à la pratique avec une compréhension nouvelle. C’est ce mouvement qui m’a progressivement conduit du rôle de joueur à celui d’entraîneur, puis de cadre technique. »

Romuald Hamon, mon tuteur, m’a apporté un cadre et un accompagnement précieux. Grâce aux portes ouvertes par David Carré et aux échanges avec mon ami Nicolas Munda, j’ai également pu avancer dans cette réflexion. Pendant ma formation, j’ai construit une cellule de bien-être au service de la performance, un projet innovant dont je suis encore fier aujourd’hui.

À la fin de ce parcours, Romuald m’a demandé si un poste au sein de la Ligue de Paris pouvait m’intéresser. J’ai suivi mon intuition et rencontré Ali Moucer, puis le président de la Ligue. Celui-ci m’a posé une question très directe : « Monsieur D’Amico, pourquoi devrais-je vous prendre vous plutôt qu’un autre ? »

Je lui ai répondu : « Je vais être stable. Et que cette stabilité va me permettre d’être pleinement là pour les autres. »

Cette réponse exprimait une valeur fondamentale pour moi. Tenir compte des autres et leur être utile. Après une carrière de joueur durant laquelle j’avais moi-même été beaucoup accompagné, je voulais mettre mon expérience au service des éducateurs et des jeunes.

Durant ma première année, j’ai bénéficié de l’accompagnement d’Ali Moucer et de son regard professionnel. J’ai ensuite poursuivi ma formation pendant deux ans à Clairefontaine pour obtenir le certificat fédéral de conseiller technique. Retrouver Patrick Pion, son équipe et les lieux de mes premières formations en 2004 a été un bonheur.

Revoir Emmanuel Vandenbulcke, lui aussi une référence dans la formation française, donnait un sens particulier à ce parcours. Il y avait quelque chose d’une boucle dans ce retour. Les formateurs m’ont offert un cadeau à la fin de la formation, mais le diplôme et ces retrouvailles étaient déjà, pour moi, un immense cadeau.

Cette formation est probablement la plus complète que j’aie reçue. Elle m’a permis d’élargir mon regard à l’ensemble des missions d’un cadre technique : le développement des pratiques, la formation des éducateurs, l’accompagnement de la performance et le travail au sein d’une institution.

Mes lectures de Jacques Rancière, d’Edgar Morin et de Boris Cyrulnik ont également nourri cette recherche, autour de l’émancipation intellectuelle, de la complexité et de la résilience. Ma manière de travailler s’est construite dans cet aller-retour entre expérience et formation. Vivre une situation, l’observer, la questionner, apprendre, puis revenir à la pratique avec une compréhension nouvelle. C’est ce mouvement qui m’a progressivement conduit du rôle de joueur à celui d’entraîneur, puis de cadre technique.

À Marseille, auprès de Jorge Sampaoli, vous aviez déjà un rôle qui dépassait la simple traduction : il s’agissait de faire le lien entre l’entraîneur, son staff et les joueurs, et surtout de vous assurer que son message soit réellement compris. Aujourd’hui, à travers votre travail dans la formation, mais aussi votre réflexion personnelle autour de la « Micro-syntonie », la relation humaine et la qualité du lien semblent occuper une place importante dans votre parcours. Avec le recul, comment votre vision de la communication et de la relation à l’autre a-t-elle évolué, et quelle place occupent-elles aujourd’hui dans votre manière de transmettre et d’accompagner ?

Mon accompagnement direct auprès de Jorge Sampaoli et de l’équipe première a été bref, mais il a représenté une expérience extraordinaire pour moi. J’y ai mis le meilleur de moi-même, avec une attention particulière à la transmission et à faire en sorte que le groupe comprenne aussi fidèlement que possible son message, ses intentions et ce qu’il attendait sur le terrain.

Dans ces moments-là, j’essayais de mettre ma propre personne en retrait pour me consacrer pleinement à cette responsabilité. Il fallait écouter, comprendre et trouver les mots justes, tout en respectant l’intention de l’entraîneur. J’étais très fier d’avoir pu aider le staff dans son intégration à l’Olympique de Marseille. Je garde aussi un souvenir très fort des premières victoires qui ont accompagné ce début. Pour moi, avoir pu contribuer à la compréhension du message au sein du groupe a été une grande satisfaction.

Comme dit précédemment, mon expérience à Marseille s’est ensuite poursuivie pendant plusieurs mois, dans un rôle de liaison auprès de Nasser Larguet, Pablo Longoria et David Friio. La sagesse de Nasser et le rôle de David dans les relations entre la présidence, l’équipe première et le centre de formation ont enrichi ma manière de comprendre la transmission. Je cherchais à apporter ma lucidité et mon attention aux personnes, auprès des professionnels comme des jeunes.

« Je la définis comme une démarche d’observation et d’ajustement de la relation entre une personne et son contexte »

Cette expérience a marqué un tournant. Mon envie de bien faire et mon habitude de me remettre en question m’ont poussé à mieux comprendre mes ressources et mes limites, pour donner de la cohérence à mes expériences passées et préparer les suivantes. C’était, en quelque sorte, le commencement d’un nouveau Patricio. Comprendre ce qui m’avait permis de m’adapter, de persévérer et de ne jamais lâcher, puis en faire quelque chose de personnel que je puisse transmettre.

À mon arrivée à Paris, j’ai poursuivi cette recherche pendant cinq ans, en étudiant, en me formant, en mettant en pratique et en observant les effets de mes interventions. Ce cheminement a progressivement donné naissance à la démarche que j’ai créée et appelée la « micro-syntonie ».

Je la définis comme une démarche d’observation et d’ajustement de la relation entre une personne et son contexte. Elle s’est nourrie de mes expériences, de mes rencontres et de mes formations, avec une question qui revient toujours : comment être suffisamment attentif à soi, à l’autre et à la situation pour intervenir avec justesse ?

Aujourd’hui, cette démarche influence directement ma manière de transmettre et d’accompagner. Je cherche à comprendre comment mon message est reçu, à laisser à l’autre le temps de se l’approprier et à observer ce qu’il en fait dans la pratique. Ce que je perçois me permet ensuite d’ajuster mes mots, mon intervention ou le rythme de l’accompagnement. C’est ainsi que la qualité du lien est devenue une dimension essentielle de mon travail.

Vous abordez souvent la notion d’alignement. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous ? Quand vous dites que vous cherchez à vous aligner, est-ce une question d’énergie, de présence, de relation à l’autre, ou quelque chose de plus large ?

Pour moi, l’alignement, c’est d’abord une qualité de présence. Être attentif à ce qui se passe en moi, chez l’autre et entre nous. Dans l’échange que nous avons maintenant, par exemple, je cherche à être réellement disponible pour vous écouter, comprendre votre question et laisser votre parole trouver sa place avant de répondre.

Cette présence reste en mouvement. Elle permet de s’adapter, de regarder et d’ajuster sa manière d’intervenir. Le regard est essentiel pour moi, il permet de laisser l’autre exister, de respecter son espace et sa manière d’être, sans ramener systématiquement ce qu’il exprime à ma propre expérience.

J’ai exploré ces questions à travers des formations sur l’imagerie motrice avec Aymeric Guillot et des cours de Nidra yoga avec André Riehl. Dans ma pratique personnelle, j’utilise également des battements binauraux dont les fréquences ont été personnalisées à partir d’un diagnostic de voix que l’on m’a fait. Je les utilise comme un support pour retrouver du calme et me rendre plus disponible.

« L’alignement, c’est d’abord une qualité de présence. Être attentif à ce qui se passe en moi, chez l’autre et entre nous. »

Les travaux d’Aymeric Guillot sur l’imagerie motrice m’ont particulièrement intéressé. Dans l’exemple présenté, un haltérophile de haut niveau passe par une phase de calme et de préparation avant de visualiser son geste. Son activité cérébrale se concentre ensuite davantage sur les régions impliquées dans cette représentation du mouvement. Chez le débutant observé, cette activité apparaît plus diffuse et la visualisation moins précise.

Ce qui me parle dans cet exemple, c’est ce temps de préparation intérieure avant de mobiliser les ressources nécessaires à l’action. J’y retrouve un lien avec ma recherche sur l’alignement : retrouver une disponibilité, orienter son attention, puis agir. Cette observation nourrit ma réflexion sur la micro-syntonie et sur la place de la quiétude dans la préparation de l’action.

Dans cette démarche, je cherche notamment à apprendre à faire le vide en laissant retomber ce qui m’encombre, mes anticipations ou mon envie de répondre trop vite, pour faire de la place à ce qui arrive. Cette disponibilité m’aide à mieux percevoir, écouter et choisir comment intervenir.

Aujourd’hui, l’alignement touche donc à mon état intérieur, à mon attention et à la relation. Je cherche suffisamment de calme pour percevoir la situation et ajuster mon intervention. Parfois en écoutant davantage, parfois en prenant la parole, parfois en laissant du temps. C’est un équilibre vivant que je travaille chaque jour.

Vous avez connu différentes cultures de formation, notamment en Argentine et en France, et vous avez aujourd’hui un rôle dans l’accompagnement des éducateurs et des entraîneurs. Avec votre expérience des deux côtés, quelles sont selon vous les principales différences entre la formation des entraîneurs et des cadres techniques en France et celle que vous avez pu connaître à l’étranger ?

Mon regard est marqué par mes différentes expériences. J’ai passé dix ans en Italie, j’ai également connu l’Espagne, mais je me sens profondément façonné par ces deux grandes influences que sont l’Argentine et la France.

Pour moi, la structuration n’est pas l’ennemie de la liberté. Un cadre peut permettre de créer, parce qu’il apporte un soutien, des repères et un espace dans lequel on peut prendre des initiatives. C’est l’un des grands enseignements que je retiens de ces différentes cultures.

En Argentine, j’ai davantage rencontré une volonté de construire une identité personnelle d’entraîneur. Des figures comme Carlos Bilardo, César Menotti, Carlos Bianchi, Marcelo Gallardo, Marcelo Bielsa, Diego Simeone ou Lionel Scaloni montrent la diversité des sensibilités et des manières de penser le jeu. Cette liberté de construire sa propre voie m’a beaucoup marqué.

Cette personnalité se retrouve aussi chez les joueurs, dans leur manière de se différencier et de prendre des initiatives. Le baby-football nourrit parallèlement une culture du jeu combiné, de la relation et de la coopération dans les espaces réduits. Dans les formations que j’ai suivies, j’ai parfois retrouvé cette volonté d’affirmer très tôt une manière personnelle de faire, avec toute la force, mais aussi les difficultés d’écoute que cela peut comporter.

« La structuration n’est pas l’ennemie de la liberté. Un cadre peut permettre de créer, parce qu’il apporte un soutien, des repères et un espace dans lequel on peut prendre des initiatives »

En Espagne, j’ai été sensible à la transmission d’une culture du jeu. Je pense à l’influence de Cruyff et de Guardiola, mais aussi à celle de Luis Aragonés. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont une pensée se transmet, se transforme et permet à d’autres entraîneurs de construire leur propre identité.

En France, j’ai découvert une formation très structurée, avec des repères communs, une organisation et une continuité. Mais mon admiration va aussi à la place donnée à l’intelligence collective, la capacité à accueillir des compétences différentes, à les mettre en relation et à organiser les conditions dans lesquelles chacun peut apporter quelque chose. Je vois parfois l’entraîneur ou le cadre technique français comme un metteur en scène. Derrière ce que le public voit, il y a un immense travail de préparation, de coordination et d’accompagnement. Le metteur en scène donne une direction, organise les contributions et permet aux autres d’exprimer leurs qualités au service d’une création commune. Cette part du travail, parfois peu visible, a beaucoup de valeur à mes yeux.

Je me souviens d’avoir vu la pièce Edmond d’Alexis Michalik, autour de la création de Cyrano de Bergerac. Ce qui m’avait fasciné, c’était de voir la construction de l’œuvre devenir elle-même un spectacle : les échanges, les essais et les contributions de chacun prenaient forme devant nous. Cela m’a donné une image de ce que j’admire dans le football français, c’est-à-dire des personnes qui créent les conditions pour que d’autres puissent créer à leur tour.

« Le metteur en scène donne une direction, organise les contributions et permet aux autres d’exprimer leurs qualités au service d’une création commune »

C’est particulièrement ce que j’ai ressenti auprès de la Direction technique nationale et dans les formations à Clairefontaine. J’y ai rencontré des personnes engagées au service des autres et du collectif, capables de transmettre, d’ouvrir des perspectives et de structurer le travail. Cette ouverture d’esprit, associée à la capacité d’organiser ce que l’on reçoit, m’a profondément marqué. C’est pour cela que je dis que la formation française, je la porte dans mes veines.

Ces influences se complètent dans ma manière d’accompagner les entraîneurs. Il faut laisser une place à leur personnalité et à leur créativité, tout en leur donnant les repères nécessaires pour construire et travailler avec les autres.

Je retrouve aussi cet engagement chez les éducateurs du football amateur français. Beaucoup viennent en formation après leur journée de travail, prennent du temps sur leur vie familiale et s’investissent avec une véritable envie d’apprendre. J’ai énormément de respect pour eux. Leur travail fait vivre le football au quotidien.

En Argentine, je retrouve cette force humaine dans le baby-football et dans les clubs sociaux, qui occupent une place importante dans la vie des quartiers et dans la construction des joueurs.

Je suis heureux de porter ces différentes influences. Elles nourrissent ma manière de regarder le football et d’accompagner les entraîneurs en les aidant à développer leur propre identité, tout en prenant pleinement leur place dans une œuvre collective.

Aujourd’hui, dans vos fonctions de cadre technique, comment cette richesse d’expériences influence-t-elle votre manière d’identifier les talents dans le cadre de vos missions de sélection ? Est-ce qu’elle a également fait évoluer votre grille de lecture et vos critères d’évaluation des jeunes joueurs ?

Mes expériences ont progressivement élargi ma manière d’observer les jeunes joueurs. Je regarde leurs qualités individuelles, mais je m’intéresse beaucoup à la manière dont ils comprennent une situation et entrent en relation avec leurs partenaires. Certains prennent une initiative, créent une rupture ; d’autres la reconnaissent, l’accompagnent ou proposent une autre possibilité. J’observe autant celui qui ouvre un chemin que ceux qui permettent à cette initiative de se prolonger.

Je trouve quelque chose de semblable chez les musiciens qui jouent ensemble. L’un propose, l’autre répond, un troisième accompagne ou prépare la suite. Chacun exprime sa personnalité tout en restant attentif à ce que font les autres. Sur le terrain, cette capacité à faire avancer le collectif compte beaucoup dans ma lecture du talent.

Aujourd’hui, dans ma réflexion sur le football, je cherche aussi à élargir mon regard au-delà de l’action immédiate. Pendant que quelque chose se joue autour du ballon, que se passe-t-il ailleurs ? Comment les joueurs qui ne sont pas directement impliqués se préparent-ils à ce qui pourrait arriver ensuite ?

« L’action que nous suivons ne montre qu’une partie de ce qui se construit. Ailleurs sur le terrain, des joueurs se déplacent, se rendent disponibles et préparent déjà une suite possible »

Une expérience au théâtre m’a particulièrement marqué. Au Teatro Cervantes, en Argentine, j’ai vu une pièce intitulée La Terquedad, écrite et mise en scène par le dramaturge argentin Rafael Spregelburd. Nous suivions d’abord ce qui se passait dans une pièce, avec des acteurs qui entraient et sortaient par deux portes. Nous ignorions ce qu’ils faisaient une fois sortis. Puis le décor tournait et nous découvrions ce qui s’était déroulé pendant les mêmes trente minutes dans une autre pièce, puis dans une troisième. Le temps était le même, mais chaque nouvel espace révélait une partie de la situation que nous n’avions pas pu voir.

Cela rejoint ce que j’évoquais à propos du travail du metteur en scène, à cette attention à ce qui prépare et qui rend possible la création. Dans le football, cette lecture est encore plus difficile, parce que tout se déroule simultanément, dans un présent qui change sans cesse. C’est précisément ce qui me passionne : observer ce qui existe déjà et ce qui est en train de prendre forme.

Avec les jeunes, ma priorité reste qu’ils apprennent à jouer ensemble, qu’ils prennent du plaisir et qu’ils respectent l’autre. C’est dans cette relation aux partenaires et au jeu que chacun peut progressivement trouver sa place et exprimer ses qualités.

Avec le recul sur votre parcours, quels sont les principaux enseignements que vous en tirez, humainement et professionnellement, et qui continuent aujourd’hui de guider vos choix ?

Mon parcours m’a appris à rester ouvert aux possibilités et à regarder une même réalité sous différents angles. Même lorsque je vais voir un match amateur, j’aime faire le tour du terrain. En changeant de perspective, je découvre des choses que je ne voyais pas auparavant. Cette habitude traduit aussi ma manière d’aborder la vie, c’est-à-dire accepter que mon premier regard ne me permette pas de tout comprendre.

J’ai également appris l’importance du respect des rôles, de la place de chacun et des comportements qui permettent de vivre et de travailler ensemble. Il faut respecter son propre temps de compréhension, mais aussi celui de l’autre. Nous n’avançons pas tous au même rythme. Pour construire en équipe, il faut pouvoir s’accorder, tout en cherchant aussi un accord avec soi-même.

« Il faut respecter son propre temps de compréhension, mais aussi celui de l’autre »

Je sais combien la préparation peut être longue. J’ai traversé des périodes difficiles, parfois obscures, et j’ai connu la joie de retrouver de la lumière. Cela me rappelle que l’autre traverse lui aussi son propre processus, dont je ne vois pas toujours les difficultés ni les efforts.

Cette conscience demande de la sensibilité. Il faut faire attention à l’autre, lui laisser l’espace et le temps nécessaires pour avancer, puis chercher comment nous pouvons construire quelque chose ensemble. C’est un enseignement qui guide aujourd’hui ma manière d’accompagner et mes choix.

Et finalement, ce qui reste pour moi est très simple. Lors de ma dernière formation de conseiller technique, j’ai dit que ce que je retenais avant tout, c’était l’amitié. Celle que je peux offrir et celle que je peux partager avec les autres grâce au football. Après tout ce parcours, c’est ce qui compte le plus à mes yeux.

MERCI à NOSOTROS et à son fondateur Alilou ISSA pour tous ces entretiens qui sont une richesse pour nos éducateurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *