LES PHASES ARRETEES SONT ELLES SOUS-EVALUEES?

Grâce à notre partenaire NOSOTROS voici un excellent article sur les phases arrêtées.

Analyste à la Fédération hongroise de football et auteur prolifique pour SpielverlagerungIstván Beregi nous invite à découvrir sa perception des phases arrêtées et de l’analyse du jeu en général.

Comment avez-vous débuté dans le football ?

Après le lycée, mon objectif était de poursuivre mes études en intégrant un cursus universitaire dédié à l’entrainement sportif. A l’époque, on me l’avait déconseillé, car la qualité de l’éducation proposée n’était pas très bonne. J’ai donc décidé d’étudier la psychologie du travail. Après 3 années, j’ai obtenu ma licence, mais je ne suis pas allé au bout de ma maîtrise, car je travaillais déjà dans le football. N’arrivant pas à mener les deux de front, j’ai arrêté mes études. Avec le recul, étudier la psychologie a été une très bonne décision.  Cela m’a aidé dans le développement de ma façon de penser, de voir et percevoir le monde.

Durant mes études, j’ai quand même essayé de passer les diplômes UEFA par le biais de la Fédération hongroise de football, mais mes différentes demandes ont été refusées. Cependant, cela ne m’a pas empêché de me former de mon côté, en analysant des matchs pour moi-même, en étant actif sur Twitter et en écrivant des articles.

Le point de bascule a été le Championnat d’Europe 2016, lorsque j’ai commencé à écrire des analyses pour un grand site internet hongrois. Cela a été une bonne base pour proposer mes services à une équipe professionnelle. C’est donc à la suite de cette expérience que j’ai intégré un club de 1ère division, en tant qu’analyste. J’y ai travaillé pendant presque trois ans, puis un changement d’entraîneur a eu lieu, ce qui m’a également affecté.

J’ai donc connu quelques mois d’inactivité, puis j’ai rejoint la Fédération hongroise de football comme analyste du jeu. D’abord sur les équipes nationales de jeunes (U15 à U21) et ensuite l’équipe hongroise A.

En quoi vos études en psychologie vous influencent-t-elles dans vos analyses ? Y a-t-il des choses que vous avez pu transférer au football ? 

J’ai l’impression de percevoir les situations, de manière très différente des entraîneurs habituels. Attention, je ne dis pas que je suis meilleur, car ce n’est pas le cas. Mon background en psychologie a un impact sur ma façon de penser, mais aussi de percevoir les situations et de communiquer avec les joueurs. Même si j’ai encore tendance à trop compliquer les choses, cela m’aide à penser stratégiquement, à penser logiquement. Lorsque j’analyse un problème j’essaie d’adopter différents points de vue, différentes perspectives, ce qui rend la pensée stratégique beaucoup plus facile. J’ai l’impression de mieux faire face aux pièges de la pensée.

« Mon background en psychologie a un impact sur ma façon de penser, mais aussi de percevoir les situations et de communiquer avec les joueurs »

Aujourd’hui, j’ai l’impression que beaucoup de formations dédiées au coaching sont très similaires, car les coachs parlent et pensent de la même manière. Tout le monde parle de mettre la pression sur le ballon, d’être compact, d’avoir la possession du ballon, etc. Mais je pense que certains sujets, qui me paraissent essentiels, ne sont pas abordés comme : comment appréhender les biais cognitifs ? Comment développer sa capacité à adopter différents points de vue ? Comment se percevoir à la troisième personne ? Etc. Toutes ces choses affectent, non seulement la planification, les analyses, la stratégie, mais aussi toute la communication.

Les phases arrêtées sont un aspect du jeu que vous semblez beaucoup apprécier. Pourquoi ?

Au départ, c’était un aspect que je trouvais ennuyeux. Lors de ma deuxième saison au sein du club pour lequel je travaillais, j’ai collaboré avec un entraîneur qui adorait ces phases et était très ouvert à de nouvelles idées. Il me demandait de regarder des matchs internationaux pour en trouver et c’est là que j’ai découvert leur beauté (cachée).

J’ai aussi pu constater que c’était un aspect sous-évalué, sous-analysé et mal pensé, du jeu (il l’est toujours). Bien sûr, c’est un aspect qu’il ne faut pas surévaluer, mais il est important de réfléchir à toutes les situations, à toutes les routines, tout comme on peut le faire pour le reste du jeu.

« Il ne faut pas y passer trop de temps et ce n’est pas la partie la plus importante du jeu, mais si nous nous améliorons de 5 ou 10 %, nous accroitrons également nos probabilités de gagner »

On ne peut se limiter à des observations génériques, comme : « il a lâché le marquage, c’est donc sa faute » ou « ils ne centrent pas bien » ou « ils n’attaquent pas bien le ballon », etc. Nous devons trouver de vraies solutions, analyser les choses en profondeur. Il  ne faut pas y passer trop de temps et ce n’est pas la partie la plus importante du jeu, mais si nous nous améliorons de 5 ou 10 %, nous accroitrons également nos probabilités de gagner.

C’est donc comme cela que j’ai commencé à analyser ces phases et que j’ai vraiment développé mes idées sur le sujet. Aujourd’hui, si j’analyse les deux derniers matchs d’une équipe, je peux immédiatement voir si les phases arrêtées sont travaillées. Sur une dizaine de matchs analysés, on retrouve parfois quelques routines intéressantes, mais rarement sur le long terme.

Le traitement de ces phases semble aussi avoir beaucoup évolué ces dernières années. Existe-t-il un écart entre ce qui pourrait être fait et ce qui est fait actuellement ?

Je pense qu’il y a un potentiel important, mais encore une fois, j’essaie de ne pas le surévaluer. Malgré le nombre de phases arrêtées qui surviennent durant un match, nous ne devons pas uniquement nous concentrer sur elles. Pourquoi ? Parce qu’elles dépendent des autres phases du jeu. Si vous n’êtes pas bon offensivement, vous ne vous créerez pas d’opportunités sur coups de pied arrêtés. Même si vous le faites, ce sera dans des zones qui ont peu de valeur. C’est donc un aspect qui est vraiment lié aux autres phases du jeu.

Les stratégies défensives, du moins chez les bonnes équipes, sont de plus en plus universelles. La plupart des bonnes équipes défendent, avec des systèmes différents, mais utilisent les mêmes principes : zone, zone mixte ou zone avec des écrans. Il est très rare de voir une équipe qui défend comme Leeds, avec un joueur qui défend en zone et le reste en marquage individuel. D’ailleurs, quasiment 30% des buts qu’ils ont concédé font suite à un coup de pied arrêté. Cela montre vraiment qu’ils ont des difficultés.

« Si vous n’êtes pas bon offensivement, vous ne vous créerez pas d’opportunités sur coups de pied arrêtés. Même si vous le faites, ce sera dans des zones qui ont peu de valeur »

Mais en général, toutes les bonnes équipes défendent en zone. Cependant, comme dans tous les systèmes, il existe des points faibles. L’un des reproches qui est souvent fait est que : si un ballon arrive entre deux joueurs, ils ne sauront pas lequel d’entre eux doit sauter ou qui est responsable. Je dirais que c’est toujours une responsabilité qui est partagée, car vous ne pouvez pas ramener les choses à un seul individu, surtout sur les coups de pied arrêtés.

D’un point de vue offensif, il y a clairement des équipes qui développent, consciemment, des stratégies ou routines spécifiques. Mais ce n’est jamais sur l’ensemble du match. Par exemple, avant le match Liverpool-Tottenham (13ème journée – saison 2020/2021), j’ai écrit un article sur Konzeptfussball : Une approche différente des coups de pied arrêtés. J’y expliquais que je n’avais jamais vu une équipe marquer sur coup de pied arrêté, dans les dix dernières minutes d’un match, à partir d’une routine spécifique. Habituellement, les équipes se contentent de densifier la surface adverse, de faire monter le gardien, mais il n’y a pas de mouvement spécifique.

Lors de ce match, on a pu observer à quel point Liverpool a vraiment développé l’intelligence de ses joueurs. Ils exécutent des mouvements planifiés à l’avance, indépendamment de ce que font les adversaires et de la minute de jeu. Au cours de ce match, on a pu voir Henderson réaliser un écran sur Éric Dier et Firmino a marqué. Les écrans sont très utilisés par Liverpool sur corner et cela s’est produit après 90 minutes de jeu.

C’était donc vraiment intéressant de voir enfin une équipe qui a une stratégie claire sur coup de pied arrêté, même en fin de match. Parce que c’est évidemment à ce moment-là que l’équipe qui défend, est le plus vulnérable. Leur concentration est plus faible qu’en début de match. D’un point de vue stratégique, il faut les attaquer en fin de match.

En ce sens, le but marqué par Alisson contre WBA, est un exemple intéressant, offensivement mais surtout défensivement :

  • Si vous défendez en individuel (WBA), même le gardien de but (Alisson) doit être marqué. Ici, il arrive complètement seul.
  • Liverpool a également montré comment se démarquer efficacement. En créant un regroupement ils ont forcé les joueurs de WBA à être compact, ce qui leur a permis de facilement se recréer de l’espace, pour attaquer le but adverse. Non seulement, Alisson arrive complètement seul, mais Salah aussi.
  • Prise de risque maximum de WBA qui laisse 1 attaquant devant en vue d’une éventuelle contre-attaque + 2 joueurs à l’entrée de la surface (zone 2nd ballon). Ils défendent à 7vs7 dans la surface, alors que défensivement l’objectif principal doit être d’empêcher l’adversaire de marquer, pas de marquer un but. Laisser 1 joueur devant force 2 défenseurs à rester profond, mais une équipe proactive ne modifiera généralement pas le nombre de joueurs présents dans la surface, car elle sait que cela libérera des espaces à l’intérieur.

Idéalement, comment les phases arrêtées devraient être intégrées à l’entrainement ?

Je dirais qu’il faut les intégrer implicitement. Ce n’est clairement pas l’élément centrale d’une séance, mais on ne doit pas seulement les travailler à MD-1, ce que font la plupart des équipes. Parfois, elles les intègrent aux formes jouées, mais ce n’est pas quelque chose de courant. Une manière intéressante de le faire, c’est de « cacher » ce que l’on souhaite travailler dans des jeux réduits. Par exemple, si un jeu réduit (re)démarre systématiquement par une touche, cela permettra aux joueurs d’avoir de nombreuses répétitions, pour vivre les principes et mouvements de base lié à cette phase.

« Le défi, c’est de développer la réflexion des joueurs, afin qu’ils puissent comprendre les situations. Même si l’on utilise certaines structures préétablies, il faut développer leur réflexion et ne pas se contenter de penser au travers de ces structures »

C’est quelque chose qui affectera réellement la manière dont l’équipe se comportera pendant un match. Aussi, il ne faut pas réduire cela à l’apprentissage d’une « chorégraphie de déplacements » à retrouver en match. Le défi, c’est de développer la réflexion des joueurs, afin qu’ils puissent comprendre les situations. Même si l’on utilise certaines structures préétablies, il faut développer leur réflexion et ne pas se contenter de penser au travers de ces structures. Il faut avoir un mélange des deux.

Plus les joueurs vivront une situation, plus ils seront à l’aise. Plus ils rencontreront des situations similaires, plus ils auront la capacité de reconnaitre le type de problème qui émergent.  C’est donc une question de prévention. Il s’agit de prévenir l’émergence de certaines situations défavorables. Si vous constatez que vos joueurs rencontrent des problèmes, alors vous pouvez leur parler après l’entrainement, vous pouvez essayer de comprendre la manière dont ils perçoivent les situations. Il vaut mieux le découvrir à l’entrainement, plutôt qu’en match.

Sur les corners offensifs, la zone du premier poteau semble être la meilleure option pour marquer. Est-ce une perspective que vous partagez ?

Cela dépend. Ce que l’on peut observer sur corner, c’est que les meilleures équipes défendent en zone mixte. Je dirais que mettre un ballon au premier poteau pose plus de problèmes à l’équipe qui défend, que le mettre au second. C’est plus aisé, parce que le ballon reste moins longtemps en l’air. Les défenseurs ont donc un peu moins de temps pour ajuster leur positionnement ou le timing de leur saut, etc.

Aussi, les déplacements au premier poteau se produisent généralement dans l’angle mort des défenseurs. Donc quand c’est bien fait, cela pose énormément de problèmes, surtout quand l’équipe adverse défend en zone. Face à du marquage individuel, je dirais plutôt le centre, parce que c’est une zone où vous pouvez causer de nombreux problèmes dans la structure d’un adversaire qui défend de cette manière. Mais d’une manière générale, je dirais que le premier poteau est actuellement la zone qui pose le plus de problèmes à l’adversaire.

Corners rentrants ou sortants ?

C’est une question très difficile. Les statistiques disent que les corners rentrants sont un peu plus dangereux et j’essaie de m’en convaincre, mais je n’ai pas vraiment mis le doigt sur ce qui fait la différence entre les deux. Ma réflexion personnelle sur le sujet n’est pas assez étayée, pour déterminer si l’un est meilleur que l’autre et avoir un avis tranché.

Toutefois, je pense que c’est un choix qui dépend du tireur. Si dans votre équipe il y a James Ward-Prowse, vous n’utiliserez que lui. C’est un très bon tireur de coups de pied arrêtés et un bon centreur. Donc que ce soit côté droit ou gauche, vous avez tout intérêt à les jouer avec lui. Je n’ai donc pas vraiment d’avis sur la question, mais je dirais que les caractéristiques du tireur ont une influence sur le choix du type de corner réalisé.

Quels sont les avantages des corners joués courts ? Qu’est-ce que cela créer pour l’équipe qui attaque, mais aussi celle qui défend ?

Il y a encore quelques temps, cela permettait d’attirer deux joueurs hors de la structure défensive adverse. Depuis, les équipes se sont rendu compte qu’il suffit d’un seul joueur, mais qu’il doit bien couvrir l’angle, généralement de l’intérieur vers l’extérieur. Quand c’est bien réalisé, cela permet à un deuxième défenseur d’avoir le temps d’arriver et de transformer le 2c1 en 2c2.

Généralement, je n’aime pas faire référence à des situations numériques spécifiques, surtout dans des espaces isolés, car cela n’aide pas à la compréhension. Plus qu’une situation d’infériorité qui se transforme en une situation d’égalité numérique, cela permet à un joueur de ralentir deux attaquants, jusqu’à l’arrivée d’un second joueur.

Les effets sont aussi dépendants de la configuration de l’équipe qui défend (en zone ou marquage individuel). Face à une défense en zone, l’objectif de l’équipe qui attaque est de faire sortir l’adversaire et de retarder leur arrivée dans la surface. Lorsque le tireur effectue la passe en retrait, généralement, l’adversaire sort et l’équipe qui attaque peut initier un mouvement contraire.

« Les corners courts on vraiment un effet de traction, qui déplace un peu l’équipe adverse vers le ballon. Même s’ils ne font qu’un ou deux pas vers celui-ci, cela créera de l’espace au second poteau, par exemple »

Même si généralement, les défenseurs s’attendent à ces appels dans la profondeur, la direction étant opposée au mouvement initial, ils ne peuvent pas vraiment ajuster l’orientation de leurs appuis et changer de direction dans le bon timing. Parfois, les équipes sont très agressives dans leurs sorties. Par exemple, Liverpool essaie toujours de jouer le hors-jeu. Lorsqu’il y a une passe en retrait ou à l’entrée de la surface, ils sortent d’au moins 10 mètres, ce qui laisse beaucoup d’espace dans leurs dos.

Les corners courts on vraiment un effet de traction, qui déplace un peu l’équipe adverse vers le ballon. Même s’ils ne font qu’un ou deux pas vers celui-ci, cela créera de l’espace au second poteau, par exemple. D’ailleurs, ce que j’ai pu observer ces derniers temps, c’est que les corners courts permettent surtout d’attaquer le second poteau, car c’est une zone qui est vulnérable sur les centres.

Une équipe qui défend en individuel perdra plus facilement le marquage, ce qui libérera des joueurs. De plus, n’ayant pas vraiment de structure préétablie, ils se retrouveront dispersés un peu partout et ouvriront des zones spécifiques. L’objectif est de les déplacer et leur faire perdre leur organisation.

Un petit mot pour finir sur les équipes qui défendent en zone. Généralement un des attaquants de l’équipe qui défend, fait partie de la structure. Très souvent, c’est le type de joueur qui sort sur le ballon et ne garde pas la position. Cette indiscipline nuit à la bonne couverture de l’intérieur de la surface.

Quel que soit la configuration défensive choisie (défense en zone, marquage individuel ou un mélange des deux), il existe un problème lié à l’orientation. Les joueurs doivent être attentifs au ballon et à sa trajectoire, mais en même temps, aux déplacements des joueurs adverses. Comment gérer ce problème ?      

Liverpool a une très bonne solution pour répondre à cette problématique. Ils mettent en place une ligne de 5 joueurs et le premier défenseur s’oriente de manière à voir si un adversaire va essayer de les surprendre en arrivant depuis l’angle mort. En fait les deux premiers défenseurs de la ligne doivent faire attention à cela, mais parfois, la communication est malheureusement inexistante. C’est comme cela que l’Union Berlin a marqué contre le Bayern :

Mais si les deux premiers défenseurs ont une bonne orientation, cela peut être évité. Généralement, c’est l’amorce du geste du tireur, qui déclenche les appels. A ce moment-là, si le défenseur scan visuellement et qu’il y a un appel, il peut alors aller dans la zone du premier poteau.

Un des problèmes de cette structure, c’est que lorsque le premier défenseur sort, cela créer un énorme espace devant le second. Pour éviter cela, Liverpool utilise un  » joker « , qui est positionné à quelques mètres du premier poteau. Lorsque le premier défenseur sort, ce joker le remplace. Ayant une orientation plus ouverte au départ, cela lui permet d’avoir une vue d’ensemble sur ce qui se passe dans la surface.

Une bonne couverture de la zone du premier poteau évite au reste de la ligne d’avoir à s’avancer. Ils peuvent rester en position et limitent l’ouverture d’espaces entre eux. Je n’irais pas jusqu’à dire que le joker est quelque chose d’indispensable, mais il est vraiment utile. C’est une solution que j’apprécie vraiment et il semble que cela fonctionne bien pour Liverpool, car ils ne concèdent pas vraiment de buts, de tirs ou de premières touches dans la surface.

Beaucoup d’équipes sont défaillantes sur la couverture du premier poteau, car il manque cette orientation des deux premiers défenseurs. Pour être clair sur la façon de défendre cet espace, je dirais que c’est l’orientation qui cause les plus gros problèmes. Je dirais aussi que l’utilisation d’un joker est une très bonne solution pour remédier à cela. Bien sûr, il est aussi possible de couvrir cette zone via le positionnement et la configuration de la 2ème ligne. Mais la clé, c’est le positionnement de la première ligne et le nombre de joueurs qui la composent.

Dans la surface, quels sont les principaux mouvements utilisés par l’équipe qui attaque, pour perturber la structure de l’équipe qui défend ?

Si c’est bien fait, vous n’attaquez pas uniquement une zone. Comme avec le Jeu de Position, si vous voulez avancer d’un côté, vous devez toujours bien occuper les espaces éloignés du ballon. C’est la même chose sur les phases arrêtées. Vous devez mettre différentes choses en place, pour perturber l’organisation adverse.

Par exemple, vous pouvez concentrer l’attention de vos adversaires sur votre meilleur joueur et lui demander de retarder ses déplacements, pendant qu’un autre joueur effectue le déplacement dans la zone que vous voulez réellement attaquer. Il y a énormément de manières d’attaquer, mais ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est : que voulez-vous voir et que voulez-vous obtenir ?

D’un point de vue défensif, on se contente souvent de dire aux joueurs : « vous ne devez pas permettre aux attaquants de sauter ou tirer dans cette zone » et d’un point de vue offensif : « il faut sauter dans le bon timing ». On ne peut réduire les choses à cela et on ne peut pas non plus envisager les choses de manière idéaliste.

Actuellement, beaucoup d’équipes centrent à l’entrée de la surface pour générer des tirs. Le problème, c’est qu’ils n’ont rien fait au préalable pour libérer le couloir de jeu du tireur. Il y a donc cinq ou six joueurs devant lui et ils bloquent son couloir de tir. Peut-être que de cette manière, ils marqueront un but extraordinaire tous les trente corners, mais je ne vois pas l’intérêt. Il faut donc bien définir ce que l’on veut faire, sans alerter l’adversaire sur nos véritables intentions.

Autre exemple, que se passe t-il très régulièrement, lorsqu’un joueur effectue un écran ? Il est dos au but ou au tireur, ce qui alerte l’adversaire sur ses intentions. Comme ce sont des signes qui sont très faciles à lire, il faut varier les déplacements, dissimuler l’identité des joueurs qui feront les écrans, etc. Les principes restent les mêmes, mais les joueurs changent, pour que l’adversaire ne puisse s’adapter.

Comme au football américain, je dirais que le timing est essentiel. Cela fait vraiment une grande différence d’un point de vue offensif. D’ailleurs, il ne s’agit pas seulement du timing du déplacement, du timing du saut ou de l’arrivée dans la zone que l’on souhaite attaquer. Cela concerne aussi l’arrivée dans d’autres zone, le timing de l’écran qui libère un coéquipier, etc.

Si les joueurs sont trop en avance ou en retard, ils ne seront pas en position lorsque le ballon arrivera dans la zone. S’ils sont là trop tôt, ils risquent de rester dans la zone ou de ralentir leur course pour compenser. Ils ne bénéficieront pas de la même dynamique que lorsqu’ils sautent après une course à une vitesse plus élevée. C’est ce qu’il faut prendre en compte.

Parfois, on peut avoir le sentiment que certaines équipes jouent leurs corners uniquement pour conserver la possession du ballon, pas pour marquer. Est-ce une stratégie qui a du sens ?

Un corner est une situation intéressante pour essayer de marquer. Conserver le ballon peut avoir un intérêt en fin de match, quand on veut perdre du temps. Mais même lorsque les joueurs se font quelques passes, c’est dans le but de déplacer le dispositif défensif, pas pour conserver le ballon. D’un point de vue stratégique, ce sont des moments où vous pouvez facilement vous créer des opportunités, car l’attention de l’équipe qui défend, n’est pas très élevée.

Par ailleurs, l’objectif principal d’une équipe qui défend un corner ou un coup de pied arrêté, devrait être d’empêcher le but. Cependant, encore un grand nombre d’entre elles, veulent jouer la contre-attaque. C’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à comprendre. L’équipe qui attaque doit être particulièrement mauvaise dans sa couverture de l’entrée de la surface, pour vous laisser l’espace nécessaire pour contre-attaquer. Contre de bonnes équipes, cela n’arrivera pas. Peut-être en fin de match, lorsqu’ils prendront des risques et laisseront des espaces ouverts.

Encore une fois, d’un point de vue défensif, l’objectif doit être d’empêcher l’équipe adverse de marquer, pas de marquer sur une éventuelle contre-attaque. Il est très rare de marquer un but en contre-attaque, à la suite d’un coup de pied arrêté adverse, donc je ne pense pas qu’il soit nécessaire de d’avoir une stratégie spécifique. Ce n’est que mon opinion bien entendu, mais c’est un raisonnement que je ne comprends pas vraiment. Bien sûr, si vous vous préparez à une contre-attaque, cela peut un peu conditionner le nombre de joueurs adverses qui attaqueront. Au lieu d’arriver à six, ils arriveront avec quatre joueurs, mais il y aura plus d’espace à couvrir dans la surface. Il faut donc prendre cela en considération.

Quel est votre processus de réflexion lorsque vous analyser les coups de pied arrêtés d’une équipe ? 

Lorsque je travaillais en club, j’avais l’habitude d’analyser les dix derniers matchs de nos futurs adversaires. S’il y avait des patterns qui étaient récurrents, je pouvais facilement construire une stratégie ou anticiper ce qui allait se passer. Cela me permettait de fournir des indicateurs aux joueurs. Sur corner, nous défendions en individuel et c’est aussi le cas avec l’équipe nationale aujourd’hui. Quand vous défendez de cette manière, vous devez donner un certain nombre d’indicateurs à vos joueurs, afin qu’ils sachent ce qui va se passer. Les organisations utilisées par l’adversaire, ce que veut dire l’orientation de certains joueurs (écrans potentiels), etc.

Si vous défendez en zone, vous devez beaucoup plus prêter attention aux déplacements eux-mêmes. En fonction de la manière dont l’adversaire attaque le premier poteau, par exemple (un, deux ou trois joueurs), il sera possible d’anticiper ou créer une solution spécifique pour y répondre. Si vous défendez en individuel, ce qu’ils font contre une équipe défend en zone n’aura vraisemblablement pas d’impact sur ce qu’ils feront contre vous. Il faut donc faire la différence, car leurs déplacements seront différents.

Lorsque vous analysez les configurations défensives, vous devez voir tous les petits mouvements qui peuvent causer des problèmes. Comment défendent-ils face à un corner joué court ? Comment sont-ils susceptibles de défendre, si vous arrivez avec quatre, cinq ou six joueurs ? Est-il possible de forcer des échanges de marquage (un de nos bons joueurs de tête vs un de leur mauvais) ? Comment couvrent-ils le premier et le second poteau ? Comment défendent-ils les écrans ? Echangeront-ils de joueur ou suivront-ils leur homme ?

S’ils échangent le marquage, alors vous devez faire des mouvements différents. Peut-être éviter de faire un écran, ou au contraire utiliser cela en créant immédiatement un échange à votre avantage. S’ils suivent, alors comment pouvez-vous leur causer encore plus de problèmes, en libérant un joueur spécifique par exemple ? Comment défendent-ils les seconds ballons ? Laissent-ils un joueur en attaque ? Etc. Donc, il s’agit vraiment de faire attention à tous les détails.

Si vous trouvez une faille, tout ce que vous avez à faire, c’est construire votre stratégie pour l’exploiter. S’ils sont en difficultés face aux joueurs qui se positionnent à l’entrée de la surface et qu’ils maintiennent une certaine distance avec eux, alors vous pouvez créer un avantage dynamique que vous pouvez utiliser sur chaque corner. Dans l’ensemble, tout ceci est valable pour analyser les coups de pied arrêtés, mais aussi les moments avec et sans ballon.

C’est quelque chose auquel je réfléchis depuis un certain temps maintenant mais, mon objectif est d’analyser la dynamique de prise de décision de l’adversaire. C’est-à-dire, comment réagissent-ils dans différentes situations. Avec l’équipe nationale, nous évoluons avec une défense à trois. Donc, lorsque j’analyse un adversaire, il est logique de l’observer contre une équipe qui évolue dans la même configuration que nous. Cela permet de savoir comment ils ajustent leurs stratégies, leurs tactiques, etc.

Quand le latéral monte et que l’ailier rentre à l’intérieur, comment réagissent-ils à cette situation ? S’ils se contentent de marquer individuellement, vous pouvez anticiper le fait que s’ils jouent de nouveau contre une défense à trois, ils feront surement la même chose. Bien sûr, il y a une question de stratégie, de la manière dont s’organisent, mais surtout de la façon dont ils prennent des décisions dans des situations spécifiques. Vous devez construire vos analyses sur cette base et, à partir de là, vous pouvez vraiment anticiper les comportements possibles durant le match. Je dirais que c’est le point clé.

Finalement, analyser un match, c’est émettre des hypothèses. Vous évaluez les décisions prises par les joueurs et, sur la base de leurs comportements précédents, vous imaginez ce qui pourrait se passer contre l’équipe que vous allez jouer ensuite ?

Essentiellement, oui. Bien sûr, un entraîneur peut proposer des solutions différentes ou changer de système, ce qui changera toute la dynamique du match. Mais il y aura des situations spécifiques où les principes utilisés pourront être les mêmes. Par exemple, la recherche d’un certain type de mouvement ou d’un certain joueur.

Même si le système est un peu différent, les principes resteront essentiellement les mêmes. Ce ne sera donc pas exactement ce à quoi vous vous attendiez, mais leur orientation sera essentiellement la même dans des situations spécifiques. Ce sont des choses que j’ai encore du mal à formaliser correctement, car c’est une réflexion nouvelle pour moi, mais c’est une approche à laquelle je réfléchis beaucoup actuellement.

LE PROFIL DE L’EDUCATEUR

La première des qualités pour un éducateur me semble être d’avoir conscience d’intégrer une organisation apprenante agile au profit d’un projet bien identifié.

Celui-ci étant toujours en mouvement, cela demande de l’adaptabilité et beaucoup de travail.

La compétence technique la diversité des profils sont importants chez les coachs, mais je recherche avant tout un certain type de comportement.

Ces propos de Régis LEBRIS, Directeur du Centre d eFormation de Lorient résume parfaitement les orientations de l’éducateur en 2021.

APPARTENIR ET VIVRE AVEC DES COLLEGUES POUR S’APPRENDRE LES UNS ET LES AUTRES

ETRE UN CHERCHEUR, UN BOSSEUR ET S’ADAPTER

UN COMPORTEMENT POUR ETRE EXEMPLAIRE, ENTRAINANT, AVOIR DE L’EMPATHIE

Le statut des éducateurs de football définit également la fonction législative de l’éducateur:

Tout éducateur ou entraîneur de football a pour tâche la préparation à l pratiqué du football à tous les niveaux et sous tous ses aspects:

  • préparation physique
  • formation et entraînement technique et tactique
  • éducation morale et sociale du joueur
  • organisation des entraînements
  • planification des entraînements
  • conduite des entraînements
  • composition d’équipe
  • direction d’équipe

Il doit également, en servant d’exemple, veiller à l abonne tenue des joueurs sur le terrain et hors du terrain.

UNE AIDE AU MONDE AMATEUR

« Le comité exécutif de la Fédération Française de Football a acté la mise en place d’un plan de soutien matériel d’un montant total de 15 millions d’euros à destination des clubs amateurs, afin de les soutenir dans leur reprise d’activités lors du démarrage de la saison 2021- 22 », annonce la FFF (Fédération Française de Football) le 11/05/2021.

« Ce plan d’aides, porté avec la Ligue du Football Amateur, sera destiné aux 13 000 clubs amateurs », indique la Fédération.

La fourniture de ces équipements se déroulera de la manière suivante, explique la FFF :
• « Distribution de bons d’achat aux clubs amateurs qui disposent d’une école de football d’une valeur de 500 à 5 000 euros par club, en fonction du nombre de licencié(e)s, utilisables directement sur la plateforme footamateur.fff.fr. Ces bons seront distribués et activés en juin 2021.
• Distribution de dotations Nike gratuites destinées à tous les autres clubs amateurs.
• Facilité et rapidité de livraisons à domicile ou en points relais à partir de juillet 2021. »

« Équipez votre club grâce au partenariat entre Nike et la FFF », indique la Fédération – © FFF

« Cette aide vient conforter le plan de solidarité déjà mis en place en juin 2020 (30 M€) et le budget consacré au football amateur (86 M€) pour la saison 2021-22 que la FFF (Fédération Française de Football) a maintenu en dépit du contexte de crise sanitaire et de ses conséquences économiques », déclare la Fédération Fran‐ çaise de Football le 11/05/2021.

• Création : 07/04/1919
• Produits de l’exercice 2019-20 : 234,7 M€ (contre 304,8 M€ en 2018-19 / 265,1 M€ hors recettes exceptionnelles : Coupe du monde 2018, Coupe du monde féminine 2019 et Euro Espoirs)
• Charges 2019-20 : 234,3 M€ (contre 304,3 M€ en 2018-19 / 263,7 M€ hors charges exceptionnelles) • Résultat net 2019-20 : 441 000 euros (contre 524 000 € en 2018-19)

https://football.newstank.eu/article/view/217414/fff-plan-soutien-15-millions-euros-equipements-destination-13000-clubs.html?t=h&a=571952&p=118117&d=5,7,9,11,66 1/2page2image835471440

17/05/2021

News Tank Football – FFF : plan de soutien de 15 millions d’euros en équipements à destination des 13 000 clubs amateurs

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Personnaliser

Membres de droit du comité exécutif :
• Président de la Ligue de Football Professionnel : Vincent Labrune (depuis le 10/09/2020) • Président de la Ligue de Football Amateur : Vincent Nolorgues (depuis le 30/04/2021)

Équipementier :
• Nike : depuis 2011-12, jusqu’en 2025-26

Partenaires majeurs :
• Crédit Agricole (banque) : depuis 1974, jusqu’en juin 2023, estimé entre 8 et 10 M€ par saison
• EDF (énergie) : 2014-2023
• Orange (opérateur de télécommunications) : à partir de mai 2018, jusqu’en 2022
• PMU (paris hippiques et sportifs) : depuis 2010, jusqu’en 2021-22, estimé entre 8 et 9 M€ par saison • Volkswagen (constructeur automobile) : depuis le 01/08/2014, jusqu’au 30/06/2023, estimé à 5,5 M€ par an sur la période 2014-2018

Partenaires officiels :
• Coca-Cola (boissons) : depuis 1997, jusqu’en juin 2023, estimé à 2 M€ par saison sur la période 2018- 2023
• Intermarché (grande distribution) : équipes de France, Coupes de France masculine et féminine, football amateur, 2018-2028
• KFC (restauration rapide) : 2014-2023
• Pasquier (alimentaire) : depuis 2004, jusqu’en juin 2023
• Poulain (marque du groupe Carambar&CO, confiserie et chocolat) : 2017-2021

Fournisseurs officiels :
• Belin (biscuits apéritif) : 2013-2021
• Smartwater (eau, groupe Coca-Cola) : depuis septembre 2018, jusqu’en juin 2023 • International Watch Co (horloger), depuis novembre 2018

Distributeur officiel :
• Intersport (distribution d’articles de sport) : 2017-2021

Catégorie : Instances
Entité(s) affiliée(s) : Institut de Formation du Football (IFF)

Adresse du siège

87 boulevard de Grenelle 75738 Paris Cedex 15 France

LE CFA DES Métiers du football

L’Institut de Formation du Football (IFF), organisme de formation de la Fédération Française de Football, est depuis le mois de mars 2019 le Centre de Formation des Apprentis (CFA) des Métiers du Football

Les Instituts Régionaux de Formation (IR2F) deviennent Unité de Formation par apprentissage du CFA des métiers du Football et proposent le Brevet de Moniteur de Football (BMF) et le Brevet d’Entraineur de Football (BEF) par la voie de l’apprentissage. Ainsi, il est possible d’obtenir son diplôme en étant apprenti au sein de 12 UFA (Unité de Formation  d’Apprentis) en 2021/2022.

LES AVANTAGES

CADRE DE L’APPRENTISSAGE

Le maitre d’apprentissage a pour mission d’accompagner l’apprenti dans sa formation et de l’encadrer dans ses missions quotidiennes en assurant la cohérence de la formation entre les enseignements et les missions confiées en entreprise. Le président du club ou un salarié de l’entreprise d’accueil peut assurer le rôle de maitre d’apprentissage.

Le tuteur a pour mission d’accompagner pédagogiquement l’apprenti. Au quotidien, il évalue le parcours de l’apprenti et lui apporte des éléments de connaissances indispensables à la pratique et l’enseignement du football lors des mises en situation. Le tuteur dipose à minima du même niveau de qualification que l’apprenti et est affecté par le responsable pédagogique de la formation à l’apprenti.

LETTRE AUX EDUCATEURS AVRIL 2021 N°14

La FFF vous a proposé un webinaire sur la PERFORMANCE peut-être n’étiez vous pas disponibles pour le suivre , dans cette lette nous vous proposons de le retrouver. En cliquant sur le lien après chaque présentation vous aurez accès directement au webinaire.

Quatre experts ont partagé leurs expériences lors du deuxième Webinaire FFF de la performance, qui a réuni près de 1 000 participants. 

Franck BROCHERIE, la problématique de la chaleur

Jérémy CHERADAME data scientist à la FF Rugby

Benoît DELAVAL Préparateur Physique Leeds United

Laurent BESSIERE RC LENS Construire sa cellule de PERFORMANCE

Ouvert par Hubert Fournier, le Directeur technique national, animé par Christopher Carling, responsable de la Performance à la FFF, ce deuxième Webinaire de la Performance a réuni quatre experts sur quatre thématiques liées à la performance et à la préparation physique. Plus de 850 personnes ont assisté à cette session organisée par la FFF le 30 mars 2021.

 FOOTBALL ET CHALEUR, QUELS LEVIERS POUR PERFORMER ? 

L’Équipe de France Espoirs aux Jeux olympiques à Tokyo cet été, la prochaine Coupe du monde au Qatar pour les Bleus font partie des exemples parmi d’autres où la problématique de la chaleur peut altérer la performance. Franck Brocherie, chercheur à l’INSEP en physiologie appliquée au sport de haut niveau, a expliqué comment « le stress thermique impacte la performance en football, moins sur les sprints que sur les efforts répétés, intermittents et prolongés ». Mais des solutions existent : acclimatation par des séances spécifiques avant et après le départ et des « stratégies de refroidissement » (hydratation, échauffements adaptés…).

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 LE RÔLE DU DATA SCIENTIST 

Jérémy Chéradame, data scientist à la Fédération Française de Rugby, est revenu sur la fonction devenue essentielle aujourd’hui pour analyser le jeu, les performances de son équipe, des adversaires, les exigences physiques de chaque poste, la charge de travail des joueurs, la prévention des blessures…

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 LE PRÉPARATEUR PHYSIQUE EN CLUB PRO 

Benoît Delaval, préparateur physique dans le staff de Leeds United, a livré son expérience en Premier League anglaise. « L’une des principales différences tient à la mentalité et à la culture propres aux deux pays, avec des joueurs s’investissant de façons différentes », relève l’ancien préparateur physique du LOSC Lille. Ainsi, l’heure de programmation des matches l’après-midi ou le soir impose des contraintes différentes aux organismes lors de la préparation et de la récupération.

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 CONSTRUIRE UN DÉPARTEMENT PERFORMANCE 

« Seul, on peut aller vite, mais ensemble, on va plus loin ». Ce credo, Laurent Bessière l’a appliqué de 2012 à 2020 au Stade de Reims et depuis juin 2020 au RC Lens comme responsable de la performance. « Les staffs s’étoffent, l’objectif est de s’entourer de différents spécialistes pour faire gagner du temps aux décideurs, optimiser la performance en compétition, la gestion des blessés, accompagner les joueurs issus de la formation ou les futurs potentiels repérés… ».

Il s’agit de « construire un collectif autour d’une vision commune en s’appuyant sur des compétences diverses et l’expertise de chacun ».

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RENCONTRE AVEC Soufiane AIT JEBLI Educateur-Président de l’ACADEMIE CLUB ASNIERES

SOUFIANE AIT JEBLI

Merci d’avoir accepté de répondre aux questions de l’AEF92 pour dresser le portrait de l’éducateur que tu es.

QUI ES TU ?

Comment es-tu arrivé dans un club de Football ?

J’ai été longtemps inspiré par le manga Olive et Tom. 

A partir de ça J’ai décidé de jouer au football à l’âge de 12 ans au football club d’Asnieres, en tant que Gardien de but.

Quelle a été ta carrière de joueur ?

Une carrière au Niveau départemental. De -13 ans jusqu’à Senior.

Quel est ton parcours d’éducateur ?

Je suis devenu éducateur en 2008.  J’ai ensuite obtenu mon initiateur 1 et mon CFF2. J’ai encadré des équipes de U10 à U17. Ensuite, j’ai pu devenir salarié au club grâce au dispositif un Club un Emploi en 2013. A partir de là j’ai pris des fonctions plus importante (responsable école de foot, responsable préformation, Directeur technique). Durant cette période j’ai obtenu mon BPJEPS Sport Co et mon BMF. Tout ce parcours a été réalisé au FC Asnières.

En 2020, J’ai rejoint ACCS Futsal en tant que référent académique afin de développer la pratique du futsal chez les plus jeunes.

Tu as aussi un métier dans le domaine de la formation peux-tu nous en parler ?

Je suis actuellement Coordinateur du pole Parcours à EDUCATERRA (organisme de formation), je suis à la charge de différents dispositifs régionaux qui accompagnent les jeunes ou les moins jeunes sur une préformation qui va leur permettre de consolider leur projet professionnel dans les métiers du sport et de l’animation. Nous accompagnons notamment ces publics dans d’autres métiers mais toujours en utilisant le sport comme un levier d’insertion.

As-tu des personnes qui ont marqué ta formation d’éducateur de Football ?

Deux personnes ont réellement marqué ma formation d’éducateur de football, je veux parler de Jean Lima qui a été mon éducateur pendant 8 ans. Et enfin une rencontre sur les terrains, Serge Gnahore le fondateur de GD football qui m’a imprégné de sa pédagogie. Enfin, il y a eu les formations au district ou trois personnes m’ont longtemps accompagné, , Romuald Hamon, Florien Bechon et Fabien Roulier.

Quel est le meilleur souvenir dont tu peux nous faire part ?

Je parlerai plutôt de période, la génération 2002 (que j’ai accompagné durant toute leur préformation U13 à U15) où je ne garde que des souvenirs exceptionnelles (tournoi en Espagne, Championnat etc…)

Pour toi le bonheur au football c’est quoi ?

La cohésion et les différents liens qu’on peut créer avec son équipe

Une journée de travail réussi c’est quoi ?

Avoir fait le maximum pour atteindre ses objectifs

CREATION D’UN NOUVEAU CLUB ACADEMIE CLUB ASNIERES

Pourquoi parles-tu du football au service de l’éducation de l’enfant ?

Parce que les enfants ont besoin de divers piliers pour parfaire leur éducation, et chacun de ses piliers a son propre rôle : il y a les parents bien sûr, l’école, qui sont les deux fondamentaux. L’activité extra-scolaire, ici le sport, est le 3ème pilier. Mes années en tant qu’éducateur m’ont fait prendre conscience du rôle que nous avons auprès des jeunes. Nous devons profiter des moments que nous passons avec eux dans la semaine pour leur transmettre plus que du football. Et d’ailleurs c’est ça qui fera qu’ils seront ensuite meilleurs en foot, car ils auront plus de recul, ils auront une vision plus globale. 

Le concept de l’Académie c’est quoi ?

C’est une pédagogie. Une pédagogie d’apprentissage globale fondée sur l’autonomisation de l’enfant. L’idée c’est d’ouvrir leurs perspectives avec des méthodes innovantes, du football élargi (c.a.d toutes les formes de football), et un travail de responsabilisation de l’enfant. 

Au sein de la section loisir, nous intégrons un pôle foot Handicap, avec Cecifoot… Nous voulons en effet à la fois permettre aux enfants en situation de handicap d’accéder à la pratique du football, mais aussi favoriser les rencontres et les échanges. La pratique du cécifoot est par exemple très formatrice pour tous les enfants (équilibre, maitrise, concentration). 

Quels sont tes partenariats pour mener à bien ce beau projet ?

Tout ça est encore en cours, mais nous sommes très fiers de travailler avec L’institut Baguer (sourds et muets). Ils nous ont fait confiance dès la première heure et nous ont permis de faire avancer le projet. 

Nous voulons étendre notre stratégie de partenariat au tissu associatif asniérois. 

Comme je vous l’ai dit, la pédagogie ACA c’est l’ouverture. L’ouverture  passe par la découverte d’autres sports, en partenariat avec les associations sportives. Et ça passe aussi par la participation à des actions citoyennes, sociales et humanitaires. 

De nombreux partenaires nous accompagnent sur ce projet : ACCS FUTSAL, VAGABOND CREW, URBAN SOCCER, 

Les liens avec d’autres sports aussi ?

En effet, L’ACA est sensible au partage de pratique. Nous sommes convaincus que beaucoup de sport permettent le développement d’aptitudes motrices essentielles au football. Nous sommes actuellement en discussion avec le club de hockey sur gazon et le club de Tennis d’Asnières sur Seine.

Comment l’AEF 92 pourrait-il être aussi un partenaire ?

L’AEF peut apporter de la visibilité. Elle peut devenir un partenaire qui va notamment faciliter le sourcing des futurs adhérents de l’ACA.

Quelles initiatives avez-vous eu pendant les confinements. ?

Durant le troisième confinement, nous avons pu proposer une séance football en gymnase pour les jeunes en situation de handicap sensoriel de l’institut Baguer.

L’ENTRAINEMENT

Le FC ASNIERES  a été ton club Comment préparais-tu tes entraînements ?

Tout d’abord je profite de cette tribune pour remercier deux personnes qui m’ont accompagné au FC Asnières en la personne d’Alain Martinez et Djamel Guechi .

Lorsque j’ai été au Fc Asnières je suivais de façon assez stricte ma planification annuelle pour préparé mes séances.

Avez-vous du matériel spécifique aux pratiques proposées ?

A l’académie Club d’Asnières notre matériel pédagogique est très varié.

Nous proposons une initiation à la Sensei Ball outil très efficace pour l’apprentissage des bases techniques (3000 Ballons par Heure) ainsi que la motricité et la coordination collectif.

Vous retrouvez notamment à l’ACA des outils tel tchouk ball, Golf Foot, Futnet autant de matériel pédagogique utile pour stimuler nos joueurs au plaisir de jouer.

Dans le pôle handicap nous proposons du Cecifoot qui impose un équipement particulier.

Les joueurs « valides » sont-ils bien préparés à partager avec « les moins valides » ? Comment ?

C’est toute la démarche de l’ ACA , quelles sont les valeurs que nous aimerions véhiculé à nos enfants ? Doit-on les orienter vers une éducation individualiste ou plutôt collective. L’idée est notamment sur notre projet éducatif, de créer de l’inclusion et de la solidarité entre les deux publics. Et cela passera sur des échanges de pratique.

Comment choisis-tu tes jeunes éducateurs ?

J’estime qu’un jeune éducateur doit avoir une licence joueur (peu importe le niveau) et qu’il puisse avoir une expérience footballistique.

Comment vivez-vous les entraînements avec le « sans contact » ?

Avec un peu d’imagination tout est adaptable, une façon aussi d’insister un peu plus sur de la technique individuelle. La Sensei Ball est un outil très utile durant la période de confinement.

Quel est le procédé que tu préfères utiliser et Pourquoi ?

Situation car elle est un procédé réaliste à la phase de jeu et permet de répondre aux difficultés rencontrées lors d’un match.

Le travail des apprentissages techniques demande une réelle méthode pédagogique, quelle est ta méthode ?

Notre méthode pédagogique est basée sur la motivation. Nous estimons qu’elle est le premier sentiment à la progression d’un enfant. Cette motivation qui se renforce par le plaisir de jouer.

L’ACA veut combattre toutes les dérives que nous retrouvons dans le football, notamment de la compétition néfaste chez les plus jeunes.

Y a t il des âges avec lesquels tu préfères travailler ?

Les Pré-Ados 12-14 ans

Quelle est la part faite au public féminin ?

Nous favorisons la féminisation à l’ACA par une pratique mixte nous estimons que de 6 à 12 ans la mixité à des atouts positifs sur le développement des enfants. 

Comment le PEF trouve-t-il sa place dans votre projet de formation du jeune joueur ?

Le PEF a un rôle central dans notre projet, il s’insère totalement sur notre programmation annuelle. Sur le programme nous avons deux parrains (Samir Djabali journaliste sportif et Ayoub Marceau Comédien) qui contribue à l’évolution de nos projets éducatifs et culturels

Y a-t-il un projet spécial avec PARIS 2024, les jeux paralympiques ?

Actuellement nous sommes concentrés sur le projet ACA. Mais il est sûr que sur le moyen terme, l’ACA deviendra un des acteurs d’un projet spécifique autour des jeux paralympiques.

Les « Special Olympics » (sport adapté) est en cours de développement. Le handicap doit être intégré, as-tu des exemples ?

Sur le Sport adapté on peut retrouver le foot 5 pour les personnes en situation d’handicap mental, plus précisément souffrant de trisomie 21.

LE DISTRICT

Quelles sont tes fonctions au sein du District 92 ?

Au district 92, je suis membre de la commission du football Animation.

LES EDUCATEURS ET L’AEF 92

L’AEF 92 souhaite rencontrer les éducateurs et éducatrices de terrain, ceux qui sont régulièrement au contact des jeunes joueurs, que penses tu avoir besoin en priorité pour être aidé dans ton engagement ?

Je penses que l’AEF 92 par sa communication peut sensibiliser les éducateurs sur la notion de handicap et pourquoi pas créer des actions pratiques sur des ateliers liés à le handicap.

Rencontrer des personnalités du Football est-il un moment que tu apprécierais ?

Bien sûr, pour récupérer quelques autographes LOL !!!

Assister à des séances-types adaptées à une catégorie, suivi d’échanges sur les problématiques de la catégorie te semble-t-il intéressant ?

Oui, ces échanges d’expériences permettent de consolider ces acquis mais apporter des points améliorations sur nos contenus.

La découverte de clubs pros est aussi un programme que nous reprenons, penses-tu que cela soit une source d’intérêt pour eux ?

Oui, La découverte de club pros, permet de découvrir une organisation de travail et de trouver des sources d’inspiration pour le développement du football amateur.

Une proposition d’action originale pour l’AEF 92 en lien avec ton club?

Il serait intéressant de proposer des animations et des ateliers pratiques du sport handicap aux éducateurs de l’AEF (Cecifoot – foot mal marchants, EFFA FOOT etc). L’ACA se fera un plaisir de vous recevoir 😊.

Quelle question aurais-tu voulu que nous te posions ? et ta réponse à celle-ci ?

Pourquoi avoir créé l’académie Club d’Asnières ?

Tout simplement la volonté de créer un projet collectif avec des amis passionnés qui partagent la même vision que vous.  Car comme dit le proverbe « les projets des uns font la réussite de tous » .

Merci Soufiane de tes réponses et maintenant nous allons te demander de nous dire ce que tu préfères entre les sujets suivants :

EXERCICE   ou   SITUATION 

TECHNIQUE ou PHYSIQUE  

MER ou    MONTAGNE

EQUITATION OU CANOE 

THEATRE     ou    CINEMA

VIANDE     ou   POISSON

SUSHI    OU COUSCOUS

ASTERIX   ou    LUCKY LUKE 

BEYONCE    ou    CELINE DION

CORINNE DIACRE   OU   DIDIER DESCHAMPS 

MEGAN RAPINOE    OU    WENDY RENARD 

PARIS SG    OU    OLYMPIQUE DE MARSEILLE

ZIDANE      ou      MESSI

NADAL   ou    FEDERER 

COLUCHE     ou     DEBOUZZE

AVION    ou   TRAIN 

JEUX OLYMPIQUES ETE ou    TOUR DE  FRANCE

TV : ce soir, on vibre devant « Le Tombeau des lucioles » d'Isao Takahata -  Elle
LE TOMBEAU DES LUCIOLES

Ton film préféré :  Le tombeau des Lucioles

Un livre favori : La Perle de John Steinbeck

Ton plat culinaire préféré : Tajine marocain

Le coach qui t’inspire le plus :  Bielsa

L’équipe qui t’a enthousiasmé : Juventus

Le match de ta VIE : France Espagne Coupe du Monde 2006 « vas-y mon petit » Jean Michel Larqué.

Si tu étais un animal : Une panthère…. Comme l’ACA

Merci beaucoup Soufiane pour cette présentation et ta disponibilité.

HALTE AUX JEUX INTERDITS, TOUS ENSEMBLE RESTONS RESPONSABLES, PRESIDENTS, MUNICIPALITES, EDUCATEURS, GARDIENS DES STADES…

L’AEF a été informé, par des clubs, par des parents des processus de communication des joueurs, des informations d’absences d’assurance, de couleur de maillots différents des clubs, mais de la tenue de rencontres amicales, notre rôle n’est pas à de la délation, mais de mettre les éducateurs face à leurs responsabilités. Proposer aujourd’hui des rencontres en U12, U13 et au delà est interdit. Les plateaux d’animation sont autorisés dans le respect des protocoles.
Ne baissez pas la garde, NOUS RELAYONS LE COMMUNIQUE DE LA LIGUE DE PARIS

La Ligue a été informée de l’organisation par certains clubs d’une pratique « normale » du football, à savoir une pratique avec contact sous la forme d’oppositions internes et/ou de matchs amicaux interclubs.

Si notre football est, par nature, une pratique avec contact, la période de crise sanitaire que nous traversons depuis de longs mois a nécessité des ajustements dans de nombreux domaines, ce que les composantes de notre football ont bien compris, faisant ainsi preuve d’une grande capacité d’adaptation pour participer à l’effort national dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 et proposer aux licenciés de nouvelles pratiques et des entraînements adaptés afin de préserver leur épanouissement et de les fidéliser.

Si les comportements déviants ne sont fort heureusement pas majoritaires, il nous paraît néanmoins utile de vous rappeler que :

. Il ressort des décisions sanitaires pour le sport, applicables depuis le 28 Novembre 2020 et publiées sur les sites de la Ligue et ses Districts notamment, que seule une pratique sportive encadrée sans contact peut être organisée au sein des clubs affiliés pour les publics non prioritaires, ce qui, de fait, exclut l’organisation d’oppositions internes et/ou de matchs amicaux interclubs pour ces publics ;

. Au-delà du fait qu’ils font preuve d’un évident manque de civisme, les organisateurs de cette pratique avec contact engagent leur responsabilité (civile et pénale) en cas d’accident survenant dans ces circonstances qui sont donc totalement proscrites en cette période de crise sanitaire ;

. L’assurance licence ne saurait en aucun cas prendre en charge un sinistre survenant lors de ces oppositions internes et/ou matchs amicaux interclubs.

Nous savons les Président(es), garant(es) du respect des règles au sein de leur association, sensibles à cette problématique et les invitons à intervenir, si nécessaire, auprès de leurs éducateurs et dirigeants afin de s’assurer du respect des décisions gouvernementales en matière sanitaire au sein de leur club.

Il en va du respect des lois comme de la préservation de la santé de chacun, notre bien commun le plus cher. Nous comptons sur votre pleine et entière collaboration.

LA CAUSERIE PRINCIPES DE BASE Les conseils du regretté Gérard HOUILLIER

Pour G. Houllier, il est nécessaire d’être simple direct authentique et surtout être collectif. La causerie doit être pour l’ensemble des joueurs et non centré sur un joueur.

Structure des propos

  • 1 / parler du contexte du match
  • 2 / donner la composition de l’équipe
  • 3 / Dire ce que l’on attend des joueurs
  • 4 / les principes tactiques généraux
  • 5 / finir pour toucher l’émotion, l’affectif. Les derniers comptent

Surprendre / interpeller : Il est important de se renouveler, de varier par un angle, un ton, des mots, des approches différentes

Evitez d’arriver avec un papier et lire. Il est préférable de préparer une « trame » avec les mots clés sur lesquels vous pourrez vous appuyer.

Donner confiance : confiance en soi, confiance en son coach, confiance envers ses coéquipiers en étant positif. Dire plutôt « on joue en avançant plutôt que « ne reculez pas ». Evitez les termes « j’essaye », « je peux ». G. Houllier ne parlait pas des adversaires dans des termes critiques ou revanchard. Il orientait toujours ses causeries « pour » son équipe plutôt que « contre » les adversaires.

https://youtube.com/watch?v=M5IE9fmi-9g

La technique ne doit pas être idéale, mais adaptée

Voici un nouvel extrait de NOSOTROS qui questionne un formateur espagnol.

Responsable de la méthodologie au Recreativo de Huelva et auteur de nombreux ouvrages dédiés à l’entrainement en football, Miguel Fernández est l’un de ceux qui n’appréhendent le football qu’au travers de l’approche systémique.

NOSOTROS lui a donc demandé de définir son rôle et sa vision de l’entrainement.

Quelle est votre rôle au Recreativo de Huelva ?  

J’ai rejoint le département méthodologique du Recreativo car le club souhaitait faire évoluer sa méthodologie d’entrainement. A mon arrivée, nous avons donc débuté un travail de « rénovation », avec le directeur technique de l’époque. Aujourd’hui, je poursuis ce travail aux côtés d’un ancien joueur du club, Jesús Vazquez.

Notre intention est de faire évoluer notre approche de l’entrainement en y apportant une vision plus holistique, plus systémique, pour reprendre des termes actuels. Au regard de ma formation universitaire, le club a souhaité me confier la mise en place de cette approche, des plus petits jusqu’à l’équipe réserve, en parallèle de la formalisation d’un modèle de jeu commun à toutes les catégories.

« Notre intention est de faire évoluer notre approche de l’entrainement en y apportant une vision plus holistique, plus systémique »

Nous insistons beaucoup sur la compréhension et l’interprétation de notre modèle de jeu par les joueurs en utilisant beaucoup les formes jouées, sans exclure les situations analytiques. En outre, l’aspect athlétique est pour nous un élément fondamental de la performance et nous le mettons le plus souvent en place, à travers des tâches plus analytiques. Nous sommes toujours très vigilants dans le choix des tâches proposées et au contexte, qui doivent être les plus proches possibles du match.

Notre volonté, c’est former des joueurs adaptables au jeu, mais il est difficile de leur demander de s’adapter sans leur apprendre à le faire. Pour nous, la meilleure façon le faire, c’est de leur proposer des tâches proches de la réalité, de la logique interne du football, tout en étant capable de modifier certains paramètres de ce contexte pour favoriser cette adaptation. Manipuler à bon escient certains paramètres, va favoriser l’adaptation du joueur, sans que nous, entraineurs, n’ayons besoin d’être radical dans nos consignes. L’idée étant d’en dire le moins possible, ne rien forcer !

« Nous sommes toujours très vigilants dans le choix des tâches proposées et au contexte, qui doivent être les plus proches possibles du match »

A toujours vouloir donner des consignes, prescrire les faits et gestes du joueur, nous finissons par les rendre dépassés, presque impuissants dans le jeu, or il est essentiel que les qu’ils apprennent et décident par eux-mêmes.

Cette vision de l’entrainement, nous la mettons en place à travers l’approche dynamique écologique (Ecological Dynamics), qui nous semble très appropriée à notre vision de l’entrainement et au développement des joueurs.

Cette approche est formalisée et mise en place, par des réunions avec les entraîneurs de chaque année d’âge, parce qu’à chaque étape de la formation du joueur, selon qu’il s’agisse d’enfants de 6 ou 7 ans, de joueurs de 14 ans ou de 18 ans aux portes du haut niveau, le type de séance et les contenus sont différents.

« Manipuler à bon escient certains paramètres, va favoriser l’adaptation du joueur, sans que nous, entraineurs, n’ayons besoin d’être radical dans nos consignes »

Pour un jeune, intégrer l’équipe première du Recreativo, doit être un processus. Chaque année d’âge a des contenus de formation liés les uns aux autres. Nous ne mettons pas les contenus dans des boites à catégories d’âge, en disant : « à cet âge, nous devons travailler ceci, puis l’année d’après nous devons travailler cela ». Cependant, les contenus de chaque année d’âge sont déclinés de façon très fine, parce que le niveau de développement de chaque personne, de chaque joueur, est différent.

Il se peut qu’un joueur de 11 ans ait la capacité d’acquérir le contenu tactico-technique d’un joueur de 13 ou 14 ans, car une personne n’évolue pas de manière linéaire, mais par des oscillations, parfois même des sauts brusques. Une importante progression sur un laps de temps très court, puis une chute soudaine, suivie par une stagnation pendant 6 mois ou un an, puis un nouveau rebond.

Chaque jour, nous sommes un peu meilleurs, mais il est possible que dans un mois, nous soyons moins bons qu’aujourd’hui et que dans six mois, nous soyons bien meilleurs qu’au départ. Nous prenons en compte le fait que le développement d’un athlète ne soit pas un long fleuve tranquille et qu’il épouse une courbe avec d’importantes oscillations.

Nous avons donc formalisé certains contenus à travailler à chaque étape, mais cette planification n’est pas figée. Nous laissons les joueurs se développer et s’ils ont plus de capacités que d’autres, nous ferons évoluer nos contenus pour nous adapter à leurs capacités.

« Il se peut qu’un joueur de 11 ans ait la capacité d’acquérir le contenu tactico-technique d’un joueur de 13 ou 14 ans, car une personne n’évolue pas de manière linéaire, mais par des oscillations, parfois même des sauts brusques »

Notre modèle de jeu est très étayé, à l’aide de principes, sous-principes, sous sous-principes, mais j’imagine que presque toutes les écoles de football fonctionne comme cela. Au départ, les 6, 7, 8, 9 et 10 ans apprennent les principes les plus généraux de notre modèle de jeu. Plus ils grandissent plus ils abordent des principes spécifiques, en nous inspirant de ce que préconise la périodisation tactique.

Par exemple, nos U10 travaillent sur la largeur de manière générale alors que les U18 travaillent aussi sur la largeur, mais de manière spécifique dans la relation du latéral – excentré et selon les convictions de l’entraineur. En parallèle, un travail athlétique est réalisé en ayant à l’esprit que si notre approche se veut systémique, elle ne doit pas oublier une partie qui la compose.

Aussi, s’entrainer de façon systémique ne signifie pas que nous travaillerons toujours à 11 contre 11. Parfois nous aurons besoin d’isoler une partie, par exemple en travaillant avec les centraux, qui ne constituent qu’une partie de la systémique de l’entrainement, mais elle doit être dans en relation avec le tout et vice versa.

Il me semble qu’il existe une certaine confusion dans les termes, quand certains affirment travailler de façon systémique, avec des jeux réduits, à neuf contre neuf, etc.

L’idée serait davantage d’extraire une zone du terrain, avec un deux contre deux, un ailier et un latéral par exemple, contre deux autres joueurs qui évoluent le plus souvent dans la même zone. Cela permettrait de reproduire de façon très concrète un contexte familier et proche du match pour les joueurs.

« S’entrainer de façon systémique ne signifie pas que nous travaillerons toujours à 11 contre 11 »

Nous travaillons donc de manière globale, en partant de principes très généraux pour aller vers des principes plus spécifiques. De la même manière nous travaillerons sur les aspects athlétiques en partant d’aspects très généraux pour aller vers des aspects très spécifiques, tout en veillant à ce que tout ce qui est abordé de façon globale soit en relation avec ce qui est abordé de façon analytique et inversement.

C’est ainsi que nous avons aussi développé notre modèle de programmation des capacités physiques, selon le stade de développement des joueurs. Parfois, dans un même groupe, des joueurs de 12 ans ont un stade de maturation qui correspond à celui d’un enfant de 9 ans et d’autres à celui d’un jeune de 16 ans. Or, vous devez veiller à ce que tous les joueurs progressent, qu’ils soient en retard ou en avance dans leur développement. Il faut donc proposer des stimuli différents et cela est également valable sur la partie technique, tactique, etc.

Chez les 6 – 12 ans, ou en règle générale, la chronologie des stades de développement est plus stable et l’apprentissage différentiel (à l’image de vos très longs entretiens avec Carlota Torrents et Wolfgang Schöllhorn) est un pilier essentiel de notre approche. Par exemple, sur un travail de passe, nous allons proposer des situations ou le joueur va faire des passes de l’intérieur, tout d’abord face à lui, puis à sa droite, à sa gauche, en diagonale, puis dans un ordre établi, inversé, puis aléatoire, mais à la fin, le joueur aura pu vivre de la répétition.

« Vous devez veiller à ce que tous les joueurs progressent, qu’ils soient en retard ou en avance dans leur développement. Il faut donc proposer des stimuli différents »

Ces variations dans les répétitions vont permettre ce que l’on appelle une synergie préférentielle dans le système psychomoteur des enfants. Notamment dans la phase d’initiation, il semble qu’une certaine répétition soit nécessaire, mais cela ne veut pas dire qu’il faut répéter selon les mêmes modalités. Nous veillons à ce que chaque répétition soit variée, dans l’angle de la passe par exemple, ce qui va élargir la palette technique du joueur.

A partir des 11/12 ans, nous travaillons la passe à travers des jeux réduits, en modulant progressivement le niveau des contraintes jusqu’aux 18 ans où nous ne faisons plus de travail technique, au sens strict du terme. A cet âge-là, nous considérons que le joueur a besoin d’autres formes de travail dans sa formation. En Espagne, à cet âge, les joueurs évoluent dans une catégorie appelée Division d’honneur (18 ans nationaux) où certains jeunes joueurs comme Ansu Fati ou Pedri, pourraient évoluer et nous considérons que leur progression ne peut plus se faire avec des exercices techniques figés.  

Pour revenir sur l’apprentissage différentiel et la dynamique écologique, beaucoup pensent que ces approches ne sont pas valables pour des joueurs de haut niveau. Lors de mon arrivée, j’ai voulu reproduire et vérifier l’expérience vécue dans mon club précédent, Bollullos. Dans ce club amateur qui n’évolue pas au plus haut niveau, mais qui accueille de jeunes joueurs potentiellement capables d’intégrer des structures de haut niveau, nous avions adopté l’approche dynamique écologique.

Au-delà de notre titre de champion, sans perdre un seul match, nous avions observé les progrès importants de l’équipe. L’évolution des comportements des joueurs était aussi positive, car ils étaient devenus, au fil des semaines, très performants dans l’interprétation du jeu et dans la capacité à faire face aux évènements imprévisibles. Au-delà des qualités certaines des joueurs, nous avions pu observer l’influence de notre approche de l’entrainement et qui a mené, peut-être, le Recreativo de Huelva à choisir une alternative à l’entrainement traditionnel.

D’un point de vue “cognitiviste”, nous savons qu’au départ les apprentissages sont de meilleure qualité lorsque les conditions sont stables. Ce point de vue théorique apparait complémentaire pour certains et contradictoire pour d’autres qui prônent un apprentissage différentiel. Comment organisez-vous le processus d’apprentissage du football, activité sportive chaotique chez les jeunes ? 

Il y a une chose qui est claire dans le football, c’est que personne n’est capable de répéter, de façon identique, un geste technique. Les humains sont des systèmes complexes et ne sont pas capables de répéter un mouvement à l’identique, y compris dans des conditions de laboratoire. Il y a toujours des facteurs qui viennent changer la donne, des paramètres de force, d’angulation du mouvement, de motivation du joueur, qui rendent chaque répétition différente des autres.

Si, dans des conditions de laboratoire nous ne sommes pas en mesure de répéter le même geste deux fois de suite, il ne sert à rien de vouloir régler le geste d’un joueur ou imaginer un geste technique idéal. Si le contexte dans lequel le joueur va devoir réaliser un geste n’est jamais le même, je me dois d’entraîner le joueur dans la variabilité.

« Les humains sont des systèmes complexes et ne sont pas capables de répéter un mouvement à l’identique, y compris dans des conditions de laboratoire »

Dans une discipline comme le trampoline où le gymnaste est évalué sur la difficulté technique et esthétique de la figure réalisée, alors, oui, il peut être logique de répéter le geste technique, avec un objectif de perfection. Mais c’est la caractéristique de ce sport à habileté fermée.

Dans une activité comme le football, qui se pratique dans un contexte ouvert, variable, l’approche de l’entrainement ne peut pas être identique au trampoline, avec des répétitions de figures imposées à l’avance. Par conséquent, dans un match de football qui est par nature aléatoire, il me semble logique d’entrainer les joueurs dans des contextes aléatoires. Nous n’entrainons pas les joueurs à faire des talonnades pour faire des passes, pourtant les enfants en réalisent en match sans même les avoir abordées en séance. Cette même observation est valable pour le retourné ou la bicyclette, combien de fois proposons-nous cela en séance ?

Je pense que la technique doit être avant tout adaptée et non pas idéale. Un gymnaste a besoin d’une technique idéale au regard de la nature de son activité. Un joueur ou une joueuse de football a besoin d’une technique efficace, adaptée aux circonstances du jeu à chaque instant.

L’apprentissage différentiel, de ce point de vue, est vraiment riche car il propose la répétition indispensable à l’apprentissage, mais en invitant à changer constamment un ou plusieurs paramètres d’exécution. Ainsi, vous offrez un contexte d’entrainement qui se rapproche de ce qui se passe lors des matchs.

« Un joueur ou une joueuse de football a besoin d’une technique efficace, adaptée aux circonstances du jeu à chaque instant »

Dans un des livres que j’ai écrit sur la complexité, un analyste du club qui m’a fait le plaisir de rédiger le prologue, a soulevé quelque chose de très intéressant. Selon lui et je partage totalement son point de vue, faire une passe à la 30ème minute d’un match tranquille, en menant largement au score n’a rien à voir avec faire une passe dans les arrêts de jeu, d’un match de coupe, en étant mené un à zéro. Ce contexte, totalement différent, va influencer grandement le comportement du joueur. Un joueur capable de faire quelque chose à la trentième minute n’en sera pas forcément capable à la 90èmeminute, dans un contexte émotionnel et compétitif qui change complètement la donne.

C’est pourquoi la technique doit se travailler avec beaucoup de variabilité, dans la droite ligne de ce que préconise l’apprentissage différentiel, où la technique, mais d’une manière plus générale, le mouvement doit être contextualisé.

Plus les conditions sont diverses, plus les enfants vont pouvoir expérimenter des situations différentes, plus ils vont être capables de percevoir, de décider et d’agir selon les conditions. Aussi, plus l’entrainement est varié, plus vous élargissez la variabilité et donc l’adaptabilité technique des joueurs.

Les techniciens sont souvent très sensibles à la programmation annuelle, mensuelle ou/et hebdomadaire, avec notamment une progression linéaire prévue au fil de la saison. Organisez-vous les contenus au sein du club au sein d’une programmation ? 

En concertation avec les entraineurs de chaque année d’âge, nous avons fixé un niveau minimum dans les contenus à acquérir à chaque étape, que nous avons baptisé « contenu minimal ». A l’image d’une pyramide, notre école de football permet, à partir de la moitié de cette pyramide jusqu’au sommet, à l’entraineur d’être un peu plus libre.

C’est à lui de consulter les collègues des plus jeunes et de proposer des contenus adaptés au niveau de son groupe, au regard de son niveau d’acquisition à la hausse ou à la baisse, pour adopter une exigence flexible et éviter que son groupe ne s’ennuie. Aussi, les joueurs doivent maitriser certains contenus pour franchir les étapes, mais nous évaluons cela sans nous montrer intransigeant sur les temps de passage.

Concernant la programmation des contenus pour chaque année d’âge, nous voulons sortir de la vision de Descartes, qui préconise de diviser pour mieux régner. Nous pensons que le niveau de maitrise de nos contenus doit être structuré, de manière à ce que les enfants puissent dépasser ces niveaux et visualisent leurs progrès.

« Nos contenus minimums doivent être des guides qui permettent de savoir par où commencer. Ce ne sont pas des règles absolues, car personne ne sait quel niveau atteindront les enfants à la fin de la saison »

A l’université, on apprend à construire, planifier des cycles mensuels où tout est segmenté, mais la réalité est différente. Le feedback que vous donne le joueur, dans ce cas l’enfant, peut être très différent de ce qu’avait prévu l’éducateur.

Par exemple, vous avez prévu de travailler sur le contrôle orienté, mais vous avez un petit qui fait ça sans même le savoir tous les jours au parc ou dans la rue, sans que personne ne lui ait rien expliqué. Croyez-vous qu’il soit pertinent d’insister là-dessus pour cet enfant ?

Nos contenus minimums doivent être des guides qui permettent de savoir par où commencer. Ce ne sont pas des règles absolues, car personne ne sait quel niveau atteindront les enfants à la fin de la saison. Nous ne le saurons qu’à la fin, en fonction de ce que les joueurs réalisent et c’est une discussion que j’ai régulièrement avec le coordinateur de l’école de football.

« Dans notre programmation, nous organisons les contenus un peu comme un nuancier, en partant du blanc pour aller vers le noir. L’entraineur pourra jouer sur toute la palette de gris dans le niveau de contenus, en fonction du niveau du groupe et des besoins de chacun »

J’ai toujours eu des doutes sur la programmation rigide des contenus par année d’âge. Le développement est si différent d’une promotion à une autre et au sein de cette même promotion, que nos contenus peuvent être adaptés à certains joueurs de la promotion, mais trop difficiles ou trop faciles pour certains.

Dans notre programmation, nous organisons les contenus un peu comme un nuancier, en partant du blanc pour aller vers le noir. L’entraineur pourra jouer sur toute la palette de gris dans le niveau de contenus, en fonction du niveau du groupe et des besoins de chacun.

L’avantage de ce nuancier entre le noir et le blanc permet d’offrir l’opportunité à l’entraineur de s’adapter au contexte, tout en respectant la couleur dominante, et que tous les entraineurs travaillent dans la même direction. De plus le fait de travailler la même couleur, d’une année sur l’autre, va permettre non seulement de s’adapter au groupe, mais aussi, de favoriser la variation des répétitions et surtout de gagner du temps sur les consignes de la tâche, puisque les joueurs les connaissent globalement.

Ce mode de fonctionnement permet non seulement d’instaurer chez les joueurs, des habitudes de travail, mais aussi d’ancrer des comportements adaptés et une réelle compréhension du jeu, plus que des situations proposées.

Vous utilisez beaucoup le terme de variabilité dans l’entrainement, dans les modalités d’organisation des séances, des tâches proposées aux joueurs. Pensez-vous qu’il soit pertinent de pousser cette variabilité jusqu’à la rotation des entraineurs en charge des groupes au cours de la saison ? 

En Espagne, certains clubs le font mais cela nécessite que les entraineurs connaissent les groupes des années précédentes et des années suivantes. Cela peut être une bonne chose mais cela réclame certains prérequis. Je crois qu’entre le coach et le groupe, un lien existe, un lien qui ne me semble pas pertinent de rompre au cours de la saison.

Dans le système équipe, il existe aussi, un système joueur-entraineur et selon la perspective systémique, modifier un élément du système, changera tout le système. Enfin, ce type de rotation en cours de saison réclame que tous les entraineurs maitrisent parfaitement le modèle de jeu mis en place au club.

Autant de motifs qui ne nous ont permis d’arriver à un consensus à ce sujet, au-delà du fait que certains entraineurs se sentent plus à l’aise avec une certaine catégorie d’âge.

Vous êtes l’auteur d’un libre sur l’entrainement émergent, pouvez-vous nous présenter l’idée de cette approche de l’entrainement ? 

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à cette thématique, à partir des travaux de Paco Seirul-lo, Vítor Frade et d’autres, le concept d’émergence a attiré mon attention. Nous avons toujours appris qu’une équipe était la somme de tous les joueurs, de leurs caractéristiques. Mais dans cette somme, chacun des joueurs apporte un quelque chose qui n’est pas quantifiable, sinon il serait très facile de construire une grande équipe.

Vous prenez les meilleurs joueurs du monde et en les additionnant, vous aurez la meilleure équipe au monde. Certaines équipes ont dans leurs rangs, beaucoup de grands joueurs, pour autant elles peinent à gagner des titres, parce que les interactions de qualité ne se produisent pas entre les joueurs.

Prenons l’exemple du FC Barcelone et la situation de Griezmann, un des meilleurs joueurs au monde. Il est dans une grande équipe et pour une raison quelconque, n’arrive pas à interagir de façon fonctionnelle au sein du collectif, pourtant constitué de nombreux grands joueurs.

« Nous avons toujours appris qu’une équipe était la somme de tous les joueurs, de leurs caractéristiques. Mais dans cette somme, chacun des joueurs apporte un quelque chose qui n’est pas quantifiable, sinon il serait très facile de construire une grande équipe »

L’émergence est essentielle, car les interactions de Griezmann avec ses coéquipiers de l’équipe de France émergent mieux que dans le contexte de Barcelone. C’est-à-dire que de la nature de ses relations avec Messi, Dembélé, Busquets, permettent l’émergence, aujourd’hui, d’un produit qui vaudrait moins que la somme de ces relations. Tout est affaire de contexte.

Imaginez que vous soyez à la tête d’une équipe, d’un groupe de joueur. Ce même groupe, selon qu’il porte les couleurs de l’Athletic Bilbao ou celles de Villarreal, ferait émerger un football qui serait bien différent.

L’Athletic Bilbao propose souvent un football plus direct, avec beaucoup de centres alors que dans le sud de l’Espagne, Villarreal propose un football plus élaboré, plus positionnel. Ce même groupe dont vous avez la charge, selon que vous le plongiez dans un contexte ou un autre, fera émerger des comportements qui seront bien différents.

L’entrainement émergent vise à tirer le meilleur de tous les joueurs en mettant à profit ce qui émerge de leurs interactions, pour enrichir le modèle de jeu. Partons du principe que mon modèle de jeu défend une idée de jeu combinée, en repartant de derrière à travers une possession du ballon qui nous permette d’initier, créer et finir.

Au fil des séances, j’observe qu’il y a une bonne connexion entre mon latéral et mon excentré, par exemple. Le latéral trouve souvent notre excentré dans la profondeur et cette relation provoque du déséquilibre chez nos adversaires. Ce type d’interaction n’est pas forcément privilégiée dans le modèle de jeu, mais elle fonctionne. Pourquoi ne pas l’ajouter pour enrichir le modèle ?

Dans mon club précédent, Bollullos, nous avions un modèle basé sur le jeu combiné, mais je me suis rendu compte que l’équipe s’auto-organisait dans un 4-1-4-1 médian, avec des joueurs de côté très rapides, très à l’aise pour exploiter la profondeur notamment en contre-attaque ou des attaques rapides.

Au départ, nous avions décidé à la récupération haute du ballon, de rechercher plutôt de la sécurité. Devant les caractéristiques de la plupart des joueurs à vocation offensive et leurs interactions fonctionnelles j’ai fait évoluer le modèle. On voit bien ici, comment l’interaction des joueurs a fait émerger quelque chose d’imprévu, mais qui a enrichi notre modèle.

Il ne faut pas être fondamentalistes, comme on dit en Espagne. Pourquoi ne pas profiter de ce qui émerge entre les joueurs ? Pourquoi vouloir absolument redoubler les passes, alors que les joueurs se recherchent et se trouvent très bien dans la profondeur ?

L’idée essentielle de l’entrainement émergent est de construire un modèle de jeu en s’appuyant sur les choses nouvelles qui émergent lors des séances. Parfois vous êtes surpris par l’émergence de certaines relations et plutôt que de vouloir les modifier et convaincre les joueurs, il est peut-être profitable de faire évoluer votre modèle et favoriser l’expression de leurs qualités, surtout s’ils ne sont pas convaincus.

Évidemment, si les émergences sont négatives, il est logique de ne pas les intégrer au modèle de jeu. Modifier sa façon de jouer en s’appuyant sur les émergences est un concept lié aux systèmes complexes.

« Parfois vous êtes surpris par l’émergence de certaines relations et plutôt que de vouloir les modifier et convaincre les joueurs, il est peut-être profitable de faire évoluer votre modèle et favoriser l’expression de leurs qualités, surtout s’ils ne sont pas convaincus »

Dans ce livre, il est beaucoup question de systèmes complexes, avec tout ce que cela implique, notamment la terminologie et une approche systémique de l’entrainement. La proposition du FC Barcelone, notamment avec le microcycle d’entrainement structuré, est une base fantastique pour appréhender le joueur, mais aussi l’équipe comme des systèmes complexes. Le livre s’inspire de cette approche en contextualisant les termes d’émergence, de rétroaction, du chaos, des attracteurs, etc.

Après réflexion, je changerais des choses ou des expressions qui peuvent paraître un peu fondamentalistes dans l’approche de l’entrainement et j’y ajouterais sans doute des nuances. Dans mon dernier livre, j’ai poursuivi ce travail sur les émergences et les systèmes complexes et leur application à la technique, ou pour être plus précis au mouvement.

D’un point de vue écologique, la contrainte est envisagée comme un puissant levier d’apprentissage, d’autres au contraire envisagent la contrainte comme un élément limitant. Pourriez-vous expliquer votre vision de la contrainte au sein de l’entrainement émergent ? 

Je vois le rôle de la contrainte comme l’ensemble des paramètres qui vous permettent de faire certaines choses tout en vous empêchant d’en faire d’autres. Imaginons un 3 contre 3, sur un terrain de 10 mètres par 10 mètres. Il y a dans cette situation, une très grande densité de joueurs.

Dans un espace aussi réduit, sur l’aspect technique, certains éléments comme une conduite de balle seront presque impossibles. Le contexte proposé ici, vous limite, voire vous empêche certaines choses et en même temps il encourage fortement d’autres éléments.

Par exemple, sur les passes afin de permettre la conservation du ballon, le contexte va favoriser l’émergence de passes rapides, de choix appropriés dans les surfaces de contacts, pour gagner en sécurité, en précision dans les transmissions.

Très concrètement, dans cette situation, frapper le ballon avec le coup de pied, n’a pas de sens pour réaliser des passes à deux mètres, cela va donc favoriser les passes de l’intérieur du pied. Par conséquent, le seul fait de modifier un paramètre de la tâche, par exemple agrandir les dimensions du terrain à 30 mètres sur 30 mètres, facilite l’émergence d’un élément.

Imaginez la même situation de trois contre trois, mais à chaque sortie du ballon, les joueurs doivent réaliser dix squats, franchir deux haies et trois accélérations sur 10 mètres. Les joueurs à chaque remise en jeu, sont déjà dans un état de fatigue, avant même que les contraintes de la tache n’opèrent et cette contrainte de pré fatigue, modifie la tâche.

« Je vois le rôle de la contrainte comme l’ensemble des paramètres qui vous permettent de faire certaines choses tout en vous empêchant d’en faire d’autres »

On peut donc distinguer ici, les contraintes de la tâche et les contraintes du joueur et pour boucler la boucle, c’est très différent de réaliser une passe à la 1ère minute ou à la 90ème.

Aussi, il peut être intéressant, en plus de manipuler les contraintes sur la tâche et sur le joueur, d’ajouter une contrainte environnementale. Dans la même situation, des conditions particulières seront mises en place, pour l’équipe en possession du ballon, en pénalisant la perte du ballon comme si l’équipe était menée 1 à 0, à la 90ème minute du match et le coup de sifflet final de l’arbitre.

La fatigue, l’espace et le contexte, fait que le comportement des joueurs est différent, mais très similaire au contexte du match. Si vous savez bien manipuler les contraintes, avec une situation de conservation du ballon à 3 contre 3, qui semble au départ décontextualisée, parvenir à simuler des situations proches de la compétition.

Il est donc essentiel, d’être inventif, se documenter, chercher, pour savoir qu’il ne suffit pas de seulement conditionner le joueur, mais de placer le joueur dans un contexte très proche de la réalité du match, pour vous entraîner comme vous jouez, même si en Espagne, beaucoup jouent comme ils s’entraînent.

Je crois beaucoup au fait de s’entraîner comme on joue, même s’il y a beaucoup d’aspects individuels qui doivent être améliorés.  Par exemple, j’entends souvent que pour augmenter la vitesse de transmission du ballon, il faut impérativement jouer en deux touches ou une touche. A certains moments, il est nécessaire de jouer en trois touches, parce que le contrôle n’est pas bon. 

Mais cette contrainte est tellement forte, qu’elle en devient contreproductive avec des joueurs en difficulté à la suite d’un mauvais un contrôle, qui adoptent des comportements inverses et parfois surréalistes pour protéger le ballon en attendant l’aide d’un partenaire qui vient leur prendre le ballon dans les pieds. Ce genre de comportements sont aberrants, mais surtout à force d’utiliser ce type de contraintes, on cultive de mauvaises habitudes chez les joueurs.